UN JEUNE MARI, UNE JOLIE NIÈCE… ET TOUT VIRE AU CAUCHEMAR
Lorsqu’à 19 ans Michel quitte la Chine pour s’installer à Sydney en Australie, c’est un rêve qui se réalise, celui d’une jeune femme déterminée qui espère qu’en poursuivant ses études à l’étranger, elle pourra s’ouvrir de nouvelles opportunités et construire une vie meilleure. Tout semble alors possible, mais ce rêve va se transformer en cauchemar, un cauchemar qui va se dérouler là où elle pensait être le plus en sécurité et qui va révéler une vérité que personne n’aurait pu imaginer.
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Michel est née le 29 janvier 1991 à Chengdu, une grande ville du sud-ouest de la Chine située dans la province du Sichuan. En réalité, Michel n’est pas son prénom d’origine. Elle s’appelle en chinois Ling Mengmei. Ling étant son nom de famille et Mengmei son prénom. Lorsqu’elle s’installe en Australie, elle choisit d’adopter le prénom de Michel pour faciliter son intégration. C’est donc sous ce prénom que nous allons la désigner tout au long de cette histoire.
Michelle est fille unique. Elle grandit dans un environnement familial stable entourée de ses deux parents avec lesquels elle entretient une relation très proche. Elle est décrite comme une jeune fille calme, gentille, respectueuse et particulièrement studieuse. À l’école, tout se passe bien. Elle est sérieuse, appliquée et nourrit déjà des ambitions. Très jeune, elle développe un objectif clair. Elle veut partir étudier à l’étranger pour s’élever socialement, construire une situation professionnelle solide et à son tour pouvoir aider ses parents qui investissent énormément en elle et dans son éducation. Elle souhaite pouvoir répondre du mieux possible à leurs besoins lorsqu’ils vieilliront. Et ce rêve a déjà une destination bien précise, l’Australie où certains membres de sa famille se sont déjà installés. Obtenir un diplôme international dans ce pays puis y travailler représente pour elle une véritable opportunité notamment en raison de salaires bien plus élevés qu’en Chine.
Michel a une enfance heureuse. Elle est proche de ses parents et de ses cousins, investie dans ses études et évolue dans un cadre rassurant. Mais le 12 mai 2008, tout bascule. Ce jour-là, alors qu’elle a tout juste 17 ans et qu’elle se trouve en pleine période cruciale de préparation aux examens d’entrée à l’université, la province du Sichuan est frappée par un terrible séisme de magnitude 8. Le bilan est catastrophique. Le séisme fait près de 87 000 morts et disparus dont plusieurs milliers d’enfants et détruit des villes entières. Et dans ce chaos, Michel perd son père. C’est un choc immense, en l’espace de quelques instants sa vie bascule. Elle se retrouve seule avec sa mère dans un contexte extrêmement difficile. Mais face à cette épreuve, les deux femmes vont se rapprocher encore davantage. Leur lien devient encore plus fort et sa mère, désormais seule, est prête à tous les sacrifices pour permettre à sa fille de continuer à avancer, de poursuivre ses études et surtout de réaliser ce rêve qu’elle porte depuis des années.
Malgré le deuil et les circonstances, Michel et sa mère tiennent bon. Elle obtient son baccalauréat puis est admise à l’université située à Chengdu, sa ville natale. Elle s’oriente alors dans une filière appelée Broadcasting and Hosting. Il s’agit d’un cursus centré sur les métiers de la communication, de l’animation et de la présentation, notamment à la télévision ou à la radio où les étudiants apprennent à s’exprimer à l’oral, à présenter des contenus et à maîtriser leur communication face à un public. Elle y étudie pendant deux ans avec sérieux, portée à la fois par ses ambitions et par le soutien constant de sa mère.
Puis en 2011, à l’âge de 20 ans, une opportunité décisive se présente. Elle est enfin admise à l’université technologique de Sydney. C’est l’aboutissement de tout ce pourquoi elle travaille depuis des années. Sa mère continue de faire de lourds sacrifices pour financer ce projet. Elle met tout en œuvre pour que sa fille puisse poursuivre ses études à l’étranger, convaincue que c’est une chance unique. Michel en est pleinement consciente. Elle part donc s’installer en Australie à Sydney où elle rejoint sa tante, la sœur de sa mère qui vit déjà avec sa famille depuis plusieurs années. Elle s’installe chez elle dans le quartier de Campsie, situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Sydney. Très multiculturel, Campsie abrite une importante communauté asiatique notamment chinoise, népalaise, coréenne et vietnamienne. Michel y vit aux côtés de son cousin et de sa cousine plus jeunes qu’elle. Très rapidement, elle trouve sa place. L’accueil est chaleureux, sa tante est bienveillante et la cohabitation se passe bien. Elle s’intègre facilement, participe aux tâches ménagères et trouve rapidement un emploi en parallèle de ses études afin de contribuer aux dépenses du foyer.
Dans ce nouveau cadre de vie, elle parvient à trouver un équilibre. Malgré la distance, elle reste très proche de sa mère. Elles échangent régulièrement, maintenant un lien fort à travers les kilomètres. Chaque mois, Michel lui envoie une partie de ses revenus pour l’aider dans son quotidien. En Australie, Michel s’épanouit. C’est une jeune femme sociable qui se fait des amis, notamment au sein de la communauté chinoise très présente sur place. Elle découvre une nouvelle culture et peu à peu s’attache à sa nouvelle vie à Sydney. Pendant son temps libre, elle aime flâner dans les centres-villes, faire du shopping, aller au restaurant, partager des pâtisseries avec des amis ou encore se promener au bord de la mer. Elle profite de sa nouvelle vie, tout en gardant en tête les sacrifices consentis par sa mère pour lui permettre d’être là. Elle reste donc sérieuse dans ses études malgré son travail à temps partiel. Michel est une jeune femme de son époque très active sur les réseaux sociaux notamment Instagram. Durant cette période, mis à part le manque de sa mère qui se fait parfois ressentir, tout semble aller pour le mieux pour la jeune femme.
Un an après son installation en Australie, la situation familiale évolue. Sa tante, alors âgée de 44 ans, fait la rencontre d’un homme, un certain Derek Barrett, âgé de 23 ans. Il a donc 21 ans de moins qu’elle ce qui le place dans la tranche d’âge proche de celle de Michel qui a désormais 21 ans. Ils n’ont que 2 ans d’écart. Derek travaille dans le domaine de l’informatique même s’il est à ce moment-là sans emploi. Très rapidement la relation évolue. La tante de Michel refait sa vie et épouse Derek au sein de la famille. Cette nouvelle est bien accueillie. Chacun est heureux de l’avoir vue retrouver une stabilité affective. Le jeune homme s’installe donc dans la maison familiale. Au début, il se fait discret. Il est décrit comme quelqu’un de réservé, peu expressif, voire plutôt effacé. Ce n’est pas quelqu’un qui attire particulièrement l’attention. Il parle peu et reste souvent en retrait. La cohabitation se met en place sans difficulté. Avec le temps, il trouve sa place dans le foyer. Il est correct avec tout le monde, se montre serviable et entretient de bonnes relations avec les autres membres de la famille, notamment le cousin et la cousine de Michel ainsi qu’avec elle-même. Il passe une grande partie de son temps sur son ordinateur avec un profil assez discret passionné par l’informatique. Dans l’ensemble, il est bien perçu par son entourage et ses propres parents sont également bien accueillis dans la famille de son épouse. À ce moment-là, il règne une forme d’harmonie dans la maison.
De son côté, Michel poursuit ses études à l’université. Elle continue de travailler sérieusement et comme je vous l’ai dit plus tôt, elle conserve son emploi à temps partiel. Son objectif est clair : alléger autant que possible le poids financier qui repose sur sa mère. À cette période, la situation évolue également du côté de sa tante. Elle trouve un nouvel emploi, un poste exigeant qui lui demande beaucoup d’investissement. Elle travaille énormément avec un rythme soutenu et ses responsabilités l’amènent à se déplacer régulièrement. Elle doit souvent se rendre à environ 80 km du domicile, là où se situe le siège de son entreprise, pour assister à des réunions ou gérer ses obligations professionnelles. Il lui arrive même de s’absenter plusieurs jours et lorsqu’elle est présente, elle rentre fréquemment tard le soir en raison de ses réunions et des nombreux projets qu’elle doit effectuer. Progressivement, elle devient donc moins présente à la maison, accaparée par ses nouvelles responsabilités professionnelles. Cette situation s’explique aussi par le fait qu’elle assume seule la charge financière du foyer. Son jeune mari est toujours sans emploi, ce qui fait reposer l’ensemble des besoins économiques de la famille sur ses épaules.
Mais bientôt, une tragédie va venir briser cet équilibre familial. Le jeudi 21 avril 2016, la tante de Michel est amenée à partir pour un voyage d’affaires un peu plus long que d’habitude, ce qui la contraint à s’absenter plusieurs jours. Son retour est prévu le 24 avril. À ce moment-là, Michel a 25 ans. Pendant son absence, Michel, son cousin et sa cousine, eux aussi adultes, ainsi que Derek, restent tous à la maison. Le 24 avril, sa tante arrive à la gare. Derek vient la chercher comme prévu. Sur le trajet du retour, ils échangent simplement. Elle lui parle de son voyage, lui demande comment les choses se sont passées à la maison en son absence. Puis naturellement, elle lui demande des nouvelles de Michel. Et la réponse de Derek va immédiatement la surprendre. Il explique que la dernière fois qu’il l’a vue remonte au soir de son départ le jeudi 21 avril. Ils auraient dîné ensemble puis regardé un film avant que Michel n’aille se coucher. Depuis, il affirme ne plus l’avoir revue. Il ajoute qu’il a passé beaucoup de temps sur son ordinateur ces derniers jours, qu’il veillait tard la nuit enchaînant les nuits blanches et qu’en journée il dormait. Selon lui, il n’a donc pas vraiment fait attention à ce qui se passait dans la maison et il ne sait absolument pas où Michel se trouve désormais.
Arrivée à la maison, Michel n’est toujours pas là et l’inquiétude commence à s’installer. Sa tante tente de joindre sa nièce à plusieurs reprises sur son téléphone portable, mais elle tombe systématiquement sur sa messagerie. Elle décide alors d’aller voir dans sa chambre. Rien ne semble anormal. La pièce est rangée comme à son habitude. Ses affaires sont à leur place comme si elle était simplement sortie et qu’elle allait revenir. À ce moment-là, elle commence à poser des questions autour d’elle. Elle demande à son fils et à sa fille s’ils ont vu Michel récemment. Eux aussi lui répondent qu’ils ne l’ont pas vue depuis deux jours. Elle contacte ensuite sa sœur, la mère de Michel, restée en Chine. Là encore, la réponse est la même. Elle n’a plus de nouvelles depuis le mercredi 22 avril. C’est à ce moment-là qu’un terrible constat s’impose. Depuis deux jours, Michel n’a donné aucun signe de vie et surtout ce n’est pas dans ses habitudes. Sa tante vérifie alors ses réseaux sociaux. Aucune publication récente, aucune activité alors que Michel est habituellement active sur Instagram. L’inquiétude monte d’un cran. Elle décide alors de consulter l’ordinateur de sa nièce. En parcourant ses messageries, ses échanges, elle découvre qu’elle était récemment en contact avec un jeune homme australien.
Le silence de Michel est totalement inhabituel. C’est une jeune femme attentionnée, fiable, qui répond toujours à ses proches et qui surtout ne laisse jamais sa mère sans nouvelle. Face à ces éléments, sa tante prend une décision. Le soir même, le vendredi 24 avril, elle se rend au poste de police avec son mari Derek pour signaler sa disparition. Sur place, elle explique la situation aux enquêteurs. Elle explique qu’elle revient d’un voyage d’affaires et que sa nièce est introuvable depuis deux jours. Elle ne répond plus au téléphone et ne donne plus aucun signe de vie et cela ne lui ressemble pas. Elle précise également qu’en consultant son ordinateur et ses messageries, elle a découvert qu’elle était en contact avec un jeune homme australien. Puis elle ajoute : “Nous avons vu des photos de ce jeune homme. Il a les cheveux blancs, la peau blanche. Ses yeux étaient très féroces. Il n’avait pas l’air gentil. Si ce petit ami lui a fait du mal, Michel se serait défendue. C’est son premier petit ami.” Au regard de la situation, les enquêteurs prennent la mesure de l’inquiétude. Une enquête pour disparition inquiétante est ouverte.
L’enquête commence immédiatement. Les enquêteurs saisissent les appareils de Michel afin d’analyser ses échanges récents, notamment sur les réseaux sociaux. En parallèle, ses proches et ses amis sont entendus dans l’objectif de reconstituer ses derniers déplacements. Très rapidement, une première piste est étudiée. Le jeune homme australien évoqué par sa tante est identifié puis entendu. Mais après vérification, les enquêteurs établissent qu’il n’avait aucun rendez-vous prévu avec Michel et qu’il ne semble pas impliqué dans sa disparition. Cette piste est donc rapidement écartée. Les investigations se concentrent alors sur les derniers moments connus de la jeune femme. Les enquêteurs parviennent à établir qu’elle a été vue pour la dernière fois le 21 avril, soit 3 jours avant le signalement de sa disparition. Ce jour-là, Michel passe une grande partie de la journée avec des amis à l’université. Rien d’anormal. Elle échange, elle rit, elle semble détendue. Aux alentours de midi, elle les quitte pour rentrer chez elle. Mais avant cela, elle s’arrête dans un centre commercial du centre de Sydney, un lieu fréquenté, animé où elle a ses habitudes.
Les images de vidéosurveillance permettent de retracer une partie de son parcours. Aux alentours de 15h, elle est filmée en train de se promener dans les allées, faisant quelques achats. Son comportement est parfaitement normal. Elle ne semble ni stressée ni inquiète. Rien ne laisse penser qu’elle puisse être en danger. Un peu plus d’une heure plus tard, vers 16h30, elle apparaît de nouveau sur des caméras de surveillance, cette fois en train de prendre les transports en commun. C’est la dernière fois qu’elle est aperçue en public. Les enquêteurs découvrent également qu’un peu plus tard, elle échange encore quelques messages avec certaines de ses amies. Là encore, rien d’anormal. Les conversations sont classiques sans aucun signe d’inquiétude. Puis le lendemain, plus rien. Son téléphone cesse toute activité. Les appels tombent directement sur la messagerie. Elle ne répond plus.
Pour les enquêteurs, une chose est claire. La veille de sa disparition, Michel ne semblait ni inquiète ni stressée d’aucune manière. Elle a été vue pour la dernière fois en public dans un environnement parfaitement normal, en pleine journée, entourée de monde. Autrement dit, si quelque chose s’est produit, cela s’est très probablement passé après son retour à la maison et donc peut-être à son domicile. D’autant que Derek, le mari de sa tante, a déclaré l’avoir vue pour la dernière fois le soir du 21 avril, ils avaient dîné ensemble et regardé un film avant qu’elle ne monte se coucher. Un doute s’installe car désormais pour les enquêteurs, une possibilité ne peut plus être écartée : et si Michel n’avait jamais quitté cette maison ? À partir de ce moment-là, les enquêteurs décident de s’intéresser de plus près aux personnes présentes dans la maison au moment des faits, car un élément commence à les interpeller. Pendant les deux jours qui suivent la disparition supposée de Michel, personne ne semble réellement s’être inquiété de son absence. Ni son cousin, ni sa cousine, ni Derek. Pourtant, il vit sous le même toit qu’elle. Il est présent au moment des faits et selon ses propres déclarations, il ne l’aurait pas vue pendant près de trois jours sans que cela ne l’inquiète. Un comportement qui pour les enquêteurs commence à soulever des questions.
Parallèlement à ces premières investigations, un autre événement se produit sans qu’aucun lien ne soit immédiatement établi. Le dimanche 24 avril vers 10h30 du matin, plusieurs personnes dont des touristes contactent la police après avoir aperçu un corps dans une zone côtière isolée à Snapper Point dans la région de Munmorah à environ 100 km au nord de Sydney. Le corps est retrouvé face contre l’eau dans une zone difficile d’accès. En raison du relief et des conditions, un hélicoptère ainsi que des équipes de secours spécialisées doivent être mobilisés pour procéder à sa récupération. Très vite, les premiers constats sont faits. Il s’agit d’une femme. Son corps est partiellement enveloppé dans du plastique. Elle ne porte aucun bijou et présente de nombreuses blessures par arme blanche. À ce stade, malgré la gravité de la situation, son identité est totalement inconnue. À la suite de cette découverte, les enquêteurs diffusent une description très générale : une femme d’apparence asiatique âgée entre 20 et 35 ans mesurant environ 1,70 m de corpulence moyenne avec des cheveux noirs mi-longs sans signes distinctifs particuliers. Mais ces éléments restent trop vagues d’autant plus que le corps ne porte aucun effet personnel, aucun téléphone, aucun document permettant une identification rapide. Les enquêteurs doivent donc procéder avec méthode et prudence.
Au même moment, la disparition de Michel n’est signalée que plus tard dans la journée du 24 avril. Autrement dit, lorsque le corps est découvert le matin, aucun signalement officiel ne permet encore de faire un rapprochement immédiat. Dans les jours qui suivent, les deux démarches avancent en parallèle. D’un côté, les enquêteurs tentent d’identifier la victime. De l’autre, une enquête pour disparition inquiétante est ouverte concernant Michel. Mais faute d’éléments suffisamment précis et formels, aucun lien n’est encore établi à ce stade. Le lundi 25 puis le mardi 26 avril, le corps reste non identifié. Face à cette impasse, les enquêteurs décident de diffuser un portrait-robot du visage de la victime. Le mercredi 27 avril, ce portrait est largement relayé dans les médias et cette fois les choses commencent à évoluer. Très rapidement, des proches, des connaissances mais aussi de simples internautes signalent une forte ressemblance avec Michel Ling.
Ce sont ces signalements qui vont accélérer le rapprochement. Le jeudi 28 avril, les enquêteurs commencent alors à comparer les différents éléments, les caractéristiques physiques, les images de vidéosurveillance du 21 avril ainsi que les informations issues de l’enquête pour disparition. Les correspondances deviennent de plus en plus évidentes, mais malgré cela, une confirmation officielle reste nécessaire. Le vendredi 29 avril, après plusieurs jours d’investigation, l’identité de la victime est formellement établie. La comparaison du portrait-robot avec les photos de Michel ainsi que les analyses ADN permettent de lever tout doute. Le corps retrouvé à Snapper Point est bien celui de Michel Ling, 5 jours après la découverte du corps le 24 avril au matin et le signalement de sa disparition quelques heures plus tard dans la journée. La vérité est enfin confirmée. Michel est morte.
L’annonce tombe comme un choc. Pour sa famille, c’est un effondrement. Sa mère restée en Chine apprend la nouvelle à des milliers de kilomètres. Elle qui avait tout sacrifié afin de permettre à sa fille de partir étudier à Sydney pour lui offrir une vie meilleure se retrouve brutalement confrontée à l’impensable. Sans attendre, elle prend un avion pour rejoindre l’Australie. En Chine, en quelques heures, la nouvelle atteint le reste de la famille. La grand-mère de Michel, profondément affectée par ce qu’elle vient d’apprendre, décède quelques jours plus tard. Selon les médecins, elle serait morte de chagrin. En l’espace de quelques jours, toute la famille est frappée de plein fouet. Sur place, la douleur est tout aussi immense. Sa tante, son cousin et sa cousine avec qui Michel vivait au quotidien sont tous bouleversés. En quelques jours, ils passent de l’inquiétude à une certitude insoutenable.
À la suite de l’identification du corps de Michel, l’enquête change radicalement de direction. Jusqu’ici, Derek n’était pour les enquêteurs que la personne présente au domicile au moment de la disparition, celui qui vivait sous le même toit que Michel. Mais très vite, les éléments accumulés vont faire basculer son statut. D’autant plus qu’il maintient fermement sa version : il n’aurait plus vu Michel depuis le soir du 21 avril. Lorsque les policiers tentent d’obtenir des précisions sur son emploi du temps, ses réponses deviennent vagues et évasives. Il explique avoir passé ses journées et ses nuits sur son ordinateur, vivant complètement décalé sans vraiment prêter attention à ce qui se passait autour de lui. Mais face à des questions plus précises notamment sur les moments clés de ces deux jours, son attitude change du tout au tout. Il se ferme complètement et très rapidement il met fin à l’entretien en demandant à parler à un avocat. Son comportement devient de plus en plus suspect.
Les enquêteurs décident alors d’exploiter tous les outils techniques à leur disposition : données de téléphonie, images de vidéosurveillance et éléments matériels. Et ce qu’ils découvrent va s’avérer déterminant. D’abord les données de son téléphone portable. Alors qu’il avait affirmé avoir passé tout son temps sur son ordinateur, la triangulation des antennes-relais révèle qu’il a menti. Son téléphone est localisé à Snapper Point dans la nuit du 23 au 24 avril. Autrement dit, exactement à l’endroit où le corps de Michel sera découvert quelques heures plus tard, un élément extrêmement troublant. Et ce n’est pas tout. Les enquêteurs analysent ensuite les images de vidéosurveillance de la zone. Une caméra située près du parking du parc national à proximité de Snapper Point filme un véhicule correspondant à celui de Derek, quittant les lieux vers 7h du matin le 24 avril. Un peu plus loin, une caméra de station-service le capture en train d’acheter des boissons et de faire le plein d’essence tôt le matin. Ces images confirment ses déplacements et contredisent totalement son récit. Il n’est pas resté chez lui cloîtré devant son ordinateur pendant l’absence de sa femme.
En parallèle, un autre détail attire l’attention des enquêteurs à la maison. Lorsque la tante de Michel est rentrée, la demeure était particulièrement propre, anormalement propre, comme si un grand nettoyage avait été effectué récemment. Mis bout à bout, ces éléments forment un ensemble parfaitement cohérent. Derek était présent dans la maison au moment de la disparition. Son téléphone le place sur les lieux où le corps a été retrouvé. Son véhicule est filmé à proximité et son comportement soulève de graves interrogations. À ce stade de l’enquête, la situation est claire. Derek ne fait plus partie des simples témoins. Il devient le suspect principal.
Pour la famille de Michel, la douleur est totale. Mais face à cette épreuve vient s’ajouter un autre choc. Le vendredi 29 avril 2016, soit le jour de l’identification du corps de Michel, Derek Barrett est interpellé puis placé en garde à vue. Dans la foulée, il est officiellement inculpé du meurtre de la jeune femme. Pour la tante de Michel, c’est un nouveau coup dur. Non seulement elle apprend la mort de sa nièce, mais elle découvre en même temps que son propre mari est soupçonné d’être impliqué dans cette affaire. Le téléphone portable de Derek est immédiatement saisi et placé sous scellé. Les enquêteurs savent que cet appareil peut contenir des éléments déterminants. Il est donc confié à des experts en analyse numérique spécialisés dans la récupération de données effacées.
Dans le même temps, Derek est de nouveau interrogé par les enquêteurs dans le cadre d’un entretien formel enregistré conformément à la procédure. Face à eux, il maintient dans un premier temps sa version expliquant qu’il n’a pas vu Michel depuis le soir du 21 avril. Il répète qu’il est resté sur son ordinateur toute la nuit puis une grande partie de la journée suivante, vivant complètement décalé, ce qui selon lui expliquerait qu’il n’ait pas prêté attention à son absence. Mais très rapidement, les enquêteurs le confrontent à des éléments plus précis, notamment ses déplacements, sa présence à Snapper Point, les images de vidéosurveillance ainsi que les données issues de son téléphone. Et c’est à ce moment-là que son discours évolue.
Confronté à ces incohérences, Derek ne tente plus réellement d’apporter d’explications pertinentes et se retranche progressivement derrière une nouvelle ligne de défense. Il affirme ne plus se souvenir de ce qu’il a fait durant cette période. Il explique que pendant l’absence de sa femme, il a consommé de la métamphétamine ainsi que du cannabis, précisant qu’il était dans un état second au point de ne plus être en mesure de se rappeler précisément ses faits et gestes. Dès lors, ses réponses deviennent évasives, répétitives, toujours construites autour de la même idée, celle d’un trou de mémoire total lié à sa consommation de drogue, tout en niant fermement toute implication dans la mort de Michel. Même en présence de son avocat, il reste fermé, refusant d’apporter des éléments concrets ou de répondre de manière précise aux questions des enquêteurs et s’en tient à cette version qu’il ne quittera plus par la suite. À partir de ce moment-là, sa position reste figée.
L’enquête, elle, se poursuit et très rapidement de nouveaux éléments particulièrement sordides vont émerger. Mais pour la tante de Michel, déjà bouleversée par la mort de sa nièce et l’arrestation de son mari, l’épreuve est loin d’être terminée. Car ce qu’elle s’apprête à découvrir sur l’homme avec qui elle partageait sa vie va révéler une réalité bien plus sombre, une part de lui que personne n’aurait pu imaginer. Dans le même temps, les analyses techniques se poursuivent et malgré les tentatives de suppression, les spécialistes parviennent à récupérer de nombreux fichiers dans le téléphone de Derek. Des fichiers dont le contenu dépasse tout ce que les enquêteurs pouvaient imaginer. Très rapidement, ils comprennent que derrière l’image du parfait beau-père et du jeune oncle idéal se cache en réalité un homme profondément obsédé qui nourrit des fantasmes inavouables et mène une double vie au sein même de la maison.
Car ce que révèle l’enquête n’est pas un acte isolé, mais une mécanique perverse qui s’est construite dans le temps. Depuis son arrivée au domicile familial, Derek développe une attirance pour Michel. Une attirance qu’il ira même jusqu’à évoquer, comme cela sera révélé plus tard, auprès de son épouse, sans que celle-ci n’en mesure réellement la portée et qui, loin de disparaître, se transforme progressivement en obsession. Et cette obsession ne reste pas au stade de la pensée. Elle s’organise dans le plus grand secret. Derek met en place un véritable système de surveillance au sein même de la maison. Il dissimule des caméras dans plusieurs pièces du domicile, notamment dans la salle de bain et dans les chambres, parfois cachées dans des objets du quotidien comme des flacons de shampoing ou des produits d’hygiène.
Ces dispositifs lui permettent de filmer à l’insu des occupants des scènes de leur intimité. On y voit Michel, mais aussi sa cousine, sa propre belle-fille, dans des moments où elles se changent, se douchent ou dorment. Les images sont ensuite conservées sur ses appareils. La nuit, lorsque tout le monde dort, Derek reste éveillé. Seul face à son écran, il visionne ses enregistrements pour se satisfaire, installant progressivement un rituel pervers, discret mais constant. Mais au fil du temps, cela ne lui suffit plus. Ces images volées observées à travers un écran ne comblent plus ses pulsions. Il franchit alors une nouvelle étape. Il entre dans la chambre de Michel alors même que la maison est occupée, adoptant des comportements de plus en plus dérangeants sans jamais être découvert. Les enquêteurs découvriront d’ailleurs des images de lui dans la chambre de Michel alors qu’elle dormait.