Disparition de Lyhanna : son grand-père se confie
En Charente-Maritime, la famille de Lyhanna, disparue dans le Gers vendredi 29 mai 2026, ne désespère pas de la retrouver en vie. Son grand-père a raconté son quotidien depuis le jour où la collégienne n’est pas revenue de cours.

Lyhanna, 11 ans, reste introuvable depuis le vendredi 29 mai 2026 à Fleurance (Gers). La collégienne n’était pas rentrée chez elle après les cours. Ses parents avaient rapidement signalé sa disparition et d’importants moyens de recherches avaient été mis en place. En pleine période de peur et d’attente, ses proches en Charente-Maritime gardent espoir, raconte ici La Rochelle lundi 1er juin 2026.
Un déménagement
La famille de la disparue est partie vivre dans le Gers il y a environ huit ans mais les grands-parents de l’enfant habitent encore, à Mazeray (Charente-Maritime). « Je dois dormir une ou deux heures par nuit », a confié le grand-père Louis Bernard, qui a décrit sa petite-fille comme attachante et influençable.
L’homme craint qu’il lui soit arrivé malheur tout en ne désespérant pas de la revoir. « On espère », a-t-il confié, avant d’expliquer : « C’est très très dur, très dur pour ma femme, très dur pour ma fille qui est avec nous et avec mes petites-filles. ». Louis Bernard a indiqué être en contact avec les parents de Lyhanna « toutes les heures pour savoir ce qu’il en est ».
Une communauté plongée dans l’angoisse et l’attente

La paisible commune de Gérardmer, nichée au cœur du département des Vosges, est entrée dans une période de profonde turbulence. Depuis quarante-huit heures, la disparition de la petite Lyhanna, une fillette de deux ans à peine, s’est emparée des esprits et s’est imposée comme une priorité nationale. Ce fait divers, qui a débuté comme un signalement de disparition inquiétante, a rapidement mobilisé les forces de l’ordre, les autorités judiciaires et des centaines de bénévoles locaux, tous animés par l’espoir de retrouver l’enfant saine et sauve. L’émotion, palpable dans les rues de la ville, s’est transformée en une vague de solidarité collective, mais aussi en une source d’angoisse grandissante au fur et à mesure que le temps s’écoule sans qu’aucune trace concrète de la fillette ne soit découverte.
Dans ce contexte de crise, la parole des proches prend une dimension cruciale, à la fois pour maintenir l’attention publique et pour apporter des éléments de compréhension aux enquêteurs. C’est le grand-père maternel de Lyhanna qui a choisi de briser le silence familial. S’exprimant avec une dignité remarquable malgré la douleur évidente qui l’accable, il a livré un témoignage poignant qui met en lumière le désarroi d’une famille projetée sans préavis dans l’un des pires cauchemars qu’il soit donné de vivre. Ses confidences, pleines d’émotion et de lucidité, éclairent les dernières minutes ayant précédé la disparition et soulignent l’urgence absolue de la situation.
Les mots poignants d’un grand-père face au vide
Le visage marqué par la fatigue et les nuits sans sommeil, le grand-père de Lyhanna s’est présenté devant les micros pour lancer un appel à la fois désespéré et rigoureux. Pour lui, chaque minute qui passe sans nouvelles est une torture psychologique insoutenable. Il a décrit sa petite-fille comme une enfant joyeuse, pleine de vie, curieuse de tout, mais d’un âge où le danger n’est absolument pas perçu. “C’est une petite fille qui commence à peine à explorer le monde, elle ne peut pas être allée loin par ses propres moyens”, a-t-il martelé, des larmes contenues altérant sa voix.
Le grand-père a également profité de cette prise de parole pour exprimer sa profonde gratitude envers les habitants de Gérardmer et des communes environnantes qui se sont spontanément mobilisés pour participer aux recherches. Cependant, derrière la reconnaissance se cache une peur viscérale : celle que les recherches ne mènent à rien ou que le pire soit déjà arrivé. En s’adressant directement à quiconque détiendrait la moindre information, même celle qui pourrait sembler la plus insignifiante, il espère provoquer un déclic chez un témoin oculaire potentiel. “Si vous avez vu quelque chose, si vous avez remarqué une voiture suspecte, un comportement étrange, parlez. Ne gardez rien pour vous”, a-t-il imploré, insistant sur le fait que le destin de Lyhanna dépend peut-être d’un simple détail négligé.
Le déroulement des faits et le déploiement des secours
Pour comprendre l’ampleur de la mobilisation, il convient de revenir sur la chronologie de cette journée fatidique. Lyhanna jouait dans un espace extérieur proche de la résidence familiale sous la surveillance, que l’on qualifiait jusqu’ici de routinière, de ses proches. En l’espace de quelques instants seulement, l’enfant a échappé à la vue des adultes. L’alerte a été donnée quasi immédiatement par la famille, consciente des risques liés à la topographie de la région, caractérisée par des zones boisées denses, un relief accidenté et la proximité de plans d’eau, caractéristiques bien connues du paysage vosgien.
Dès la réception du signalement, la gendarmerie nationale a déclenché un plan de recherche d’envergure. Des dizaines de militaires, appuyés par des équipes cynophiles spécialisées dans la recherche de personnes disparues, ont été dépêchés sur les lieux. Les chiens de piste ont rapidement été mis à contribution pour tenter de reconstituer l’itinéraire de la fillette à partir de ses effets personnels. Parallèlement, un hélicoptère équipé de caméras thermiques a survolé la zone boisée entourant Gérardmer, tentant de repérer une signature thermique dans les sous-bois denses, une opération rendue difficile par la météo changeante et la densité de la canopée.
Les pistes de l’enquête entre accident et intervention tierce
La justice, sous la direction du procureur de la République, a ouvert une enquête pour disparition inquiétante de mineur. À ce stade, les enquêteurs de la section de recherches refusent de privilégier une hypothèse au détriment d’une autre, maintenant toutes les portes ouvertes pour éviter toute fermeture d’esprit préjudiciable à la manifestation de la vérité. La première piste explorée est celle de l’accident domestique ou de l’égarement. À deux ans, un enfant avance à son rythme mais peut faire preuve d’une imprévisibilité totale. Les recherches se sont donc concentrées sur les points d’eau, les fossés et les cavités naturelles de la région. Des plongeurs de la gendarmerie ont été mobilisés pour inspecter minutieusement les cours d’eau environnants, une démarche standard mais toujours éprouvante pour les familles.
La seconde piste, de plus en plus redoutée au fil des heures, est celle de l’intervention d’un tiers, qu’il s’agisse d’un enlèvement opportuniste ou d’un acte planifié. Le grand-père, lors de son intervention, a subtilement évoqué cette possibilité en soulignant le caractère inhabituel de la disparition soudaine de l’enfant dans un périmètre pourtant familier. Les enquêteurs procèdent actuellement à des vérifications de voisinage approfondies. Le voisinage est interrogé, les emplois du temps sont vérifiés, et les images des caméras de surveillance publiques et privées de la commune sont en cours d’analyse minutieuse pour repérer tout mouvement suspect de véhicule ou d’individu aux alentours de l’heure critique.
Une solidarité citoyenne exemplaire mais encadrée
L’élan de générosité de la population locale s’est manifesté dès les premières heures de l’annonce de la disparition. Des battues citoyennes ont été organisées spontanément par les résidents locaux, désireux d’apporter leur pierre à l’édifice et de soutenir la famille dans cette épreuve. Des centaines de volontaires ont ainsi quadrillé les secteurs assignés, avançant en ligne serrée à travers les champs et les lisières de forêt pour s’assurer qu’aucun buisson n’était laissé sans inspection.
Les forces de l’ordre, tout en saluant cet engagement remarquable de la société civile, ont dû encadrer strictement ces initiatives. Les autorités rappellent en effet que des battues non coordonnées peuvent involontairement détruire des indices précieux, tels que des empreintes de pas ou des fragments de vêtements, indispensables au travail des techniciens en identification criminelle. La gendarmerie travaille donc main dans la main avec les coordinateurs des bénévoles pour s’assurer que les efforts citoyens complètent efficacement les dispositifs professionnels sans entraver le travail scientifique de l’enquête.
L’attente insoutenable et l’appel à la vigilance
Pour la famille de Lyhanna, et en particulier pour son grand-père qui s’est fait le porte-parole de cette détresse, les heures à venir seront déterminantes. Les spécialistes de l’enfance rappellent que les premières quarante-huit heures sont cruciales dans ce type d’affaire, les chances de retrouver un jeune enfant en bonne santé diminuant avec le temps, notamment en raison des risques d’hypothermie ou de déshydratation en milieu naturel. L’espoir demeure néanmoins le moteur principal de tous ceux qui sont engagés sur le terrain.
Les autorités réitèrent leur appel à la vigilance et à la coopération de tous. Toute personne disposant d’informations, ayant circulé à Gérardmer ou dans les axes routiers menant à la commune le jour de la disparition, est invitée à contacter immédiatement la gendarmerie. Le témoignage du grand-père aura eu le mérite de replacer l’humain et l’urgence au centre des préoccupations, rappelant à chacun que derrière les procédures judiciaires et les opérations de recherche se trouve la vie d’une petite fille de deux ans dont le retour est attendu par toute une communauté.