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Mort de Matthew Perry : son assistant personnel lui a injecté à plusieurs reprises de la kétamine, ce qui a entraîné sa mort.

Mort de Matthew Perry : son assistant personnel lui a injecté à plusieurs reprises de la kétamine, ce qui a entraîné sa mort.

L'acteur Matthew Perry enterré vendredi à Los Angeles | La Presse

La saga judiciaire entourant la mort tragique de Matthew Perry, l’inoubliable Chandler Bing de la série culte Friends, vient de connaître son épilogue formel dans une salle d’audience fédérale de Los Angeles. Kenneth Iwamasa, l’assistant personnel de longue date qui partageait le quotidien de l’acteur, a été condamné à une peine de trois ans et cinq mois de prison ferme. Cette sentence marque la fin d’une enquête de grande envergure qui aura duré plus de deux ans et exposé au grand jour les rouages sombres et cyniques de l’industrie de la drogue qui gravite autour des célébrités hollywoodiennes.

Le 28 octobre 2023, le monde entier apprenait avec stupeur le décès de Matthew Perry, retrouvé inconscient dans le jacuzzi de sa résidence de Pacific Palisades, à Los Angeles. L’autopsie avait rapidement révélé que l’acteur de 54 ans avait succombé aux « effets aigus » d’une surdose de kétamine, un puissant anesthésique parfois utilisé pour traiter la dépression mais rigoureusement réglementé. Très vite, la question de la provenance de cette substance dans l’organisme d’une star qui luttait publiquement depuis des décennies contre ses addictions s’est posée avec acuité.

Kenneth Iwamasa - Biographie - IMDb

L’enquête fédérale a permis de démanteler un réseau criminel souterrain complexe, menant à l’inculpation de cinq personnes, parmi lesquelles des médecins sans scrupules et des trafiquants de drogue notoires, dont Jasveen Sangha, surnommée la « Reine de la kétamine ». Au centre de ce réseau destructeur se trouvait Kenneth Iwamasa, 61 ans. Loin d’être un simple exécutant, l’assistant s’est révélé être le maillon indispensable ayant permis d’alimenter la rechute mortelle de la star.

Kenneth Iwamasa travaillait pour Matthew Perry depuis 1992 et s’était installé à son domicile à plein temps en 2022. Rémunéré à hauteur de 150 000 dollars par an, il avait pour mission de coordonner les soins médicaux de l’acteur et de veiller à ce que ce dernier prenne correctement ses traitements légitimes. Pourtant, à l’automne 2023, face aux exigences croissantes d’un Matthew Perry replongeant dans l’enfer de la dépendance, l’assistant a fait le choix de franchir la ligne rouge. Bien qu’il n’ait aucune formation médicale, Iwamasa a accepté d’acheter d’importantes quantités de kétamine sur le marché noir et de les injecter directement à son employeur, à un rythme de plus en plus effréné.

Quand la kétamine fonctionne | La Presse

Les documents judiciaires décrivent des semaines de dérive absolue précédant le drame. Le jour de la mort de l’acteur, Kenneth Iwamasa lui a administré pas moins de trois injections de kétamine. La dernière injection, réclamée par Perry avant qu’il ne se glisse dans son jacuzzi, s’est avérée fatale. C’est l’assistant lui-même qui a découvert le corps sans vie de la star à son retour de courses, avant d’appeler les secours.

Lors de l’audience de condamnation, l’atmosphère de la salle de tribunal était lourde d’une émotion palpable. Les proches de Matthew Perry ont exprimé leur immense douleur et leur sentiment de trahison face à celui qu’ils considéraient autrefois comme un membre de la famille. Keith Morrison, le beau-père de l’acteur et célèbre journaliste de l’émission Dateline, a pris la parole au nom de la famille pour fustiger l’attitude d’Iwamasa : « Nous avions une confiance absolue en vous. Vous étiez en contrôle de l’une des personnes les plus célèbres au monde. Vous auriez pu passer ce coup de téléphone pour demander de l’aide, mais vous ne l’avez pas fait parce que vous meniez une vie confortable à ses côtés. »

Les déclarations de Lisa Ferguson, la gestionnaire d’affaires et exécutrice testamentaire de Matthew Perry, ont été encore plus véhémentes. Elle a accusé Iwamasa d’avoir délibérément écarté l’entourage sain de l’acteur, notamment les compagnons de sobriété et le personnel médical qualifié, pour asseoir son emprise et protéger sa position d’influence. « Ce que vous êtes, c’est le monstre qui l’a tué », a-t-elle lancé avec force, affirmant que l’assistant n’avait pas montré le moindre remords depuis le début de l’affaire.

La défense d’Kenneth Iwamasa a tenté de plaider la circonstance atténuante du déséquilibre des pouvoirs, un phénomène récurrent dans les relations entre les célébrités d’Hollywood et leurs employés. L’avocat d’Iwamasa a soutenu que son client était pris au piège de l’addiction de son patron et qu’il lui était psychologiquement impossible de dire non à Matthew Perry. Cet argument a toutefois été fermement rejeté par la juge de district Sherilyn Peace Garnett. Cette dernière a interrompu la plaidoirie pour préciser que l’assistant n’était pas « incapable » de refuser, mais bien « réticent » à le faire, rappelant qu’un simple refus aurait pu sauver une vie.

Le verdict prononcé, qui correspond exactement aux réquisitions des procureurs fédéraux, prend en compte la coopération active d’Iwamasa avec les autorités. En étant le premier à plaider coupable dès le mois d’août 2024 pour complot en vue de distribuer de la kétamine ayant entraîné la mort, il est devenu le témoin clé de l’accusation, permettant de faire tomber les autres membres du réseau, dont les médecins Salvador Plasencia et Mark Chavez. En plus de ses 41 mois de prison, Iwamasa est condamné à deux ans de liberté surveillée et à une amende de 10 000 dollars.

Vêtu d’un costume gris anthracite, les longs cheveux blancs coiffés en arrière, Kenneth Iwamasa s’est tourné vers la famille de l’acteur pour exprimer de brefs regrets avant l’énoncé de sa peine : « Je suis terriblement désolé. J’offre mes condoléances. Je regretterai pour toujours ces actes illégaux. » Il a accueilli la sentence sans réaction apparente, sous le regard de son père et de son frère présents dans le public.

Cette condamnation clôt le volet pénal d’une tragédie qui a rappelé la vulnérabilité extrême des icônes de la pop culture face aux prédateurs de leur propre entourage. Au-delà de la peine de prison, le procès de Kenneth Iwamasa restera comme le symbole d’une loyauté dévoyée, transformée en complicité criminelle active au détriment de la vie d’un homme que le public continuera de pleurer à travers les rediffusions de ses moments de génie comique.