La disparition de Lyhanna à Gers : les sombres secrets du suspect accusé d’enlèvement et de séquestration et ses machinations perverses.

La paisible commune de Fleurance, située dans le département du Gers, est plongée dans une torpeur douloureuse et une angoisse indicible. Depuis le vendredi 29 mai, Lyhanna, une jeune collégienne de 11 ans, n’a plus donné le moindre signe de vie. L’affaire, qui a débuté comme une disparition inquiétante à la sortie des classes, a rapidement basculé dans la sphère criminelle. Un homme de 41 ans, proche de la famille et père de la meilleure amie de la victime, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans, avant d’être placé en détention provisoire. Derrière les sourires de façade de ce voisin ordinaire se cachent des comportements inappropriés et des antécédents professionnels disciplinaires qui projettent une ombre terrifiante sur le destin de la fillette.
L’alerte a été donnée vendredi après-midi lorsque Lyhanna n’est pas rentrée du collège au domicile familial. Sa trajectoire s’est interrompue brusquement vers 15 heures devant l’établissement scolaire de cette bourgade de 6.000 habitants. Très vite, les témoignages convergent vers un véhicule suspect à bord duquel l’adolescente aurait pris place. Au volant se trouvait Jérôme B., un père de famille de 41 ans que Lyhanna connaissait particulièrement bien, puisque sa propre fille est scolarisée dans le même établissement et partageait une amitié étroite avec la disparue. Interpellé dès le lendemain par les forces de l’ordre, l’homme a d’abord tenté de minimiser son implication, affirmant qu’il avait simplement rendu service à la jeune fille en la déposant, à sa demande, à proximité de la piscine municipale de Fleurance.
Cependant, la version des faits présentée par le quadragénaire n’a pas résisté longtemps à l’analyse des enquêteurs. La procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, a publiquement qualifié les déclarations du suspect d’incohérentes et d’imprécises. Les vérifications techniques et les témoignages locaux ont rapidement infirmé la présence de Lyhanna au lieu indiqué par le conducteur. Face à ces contradictions flagrantes et au faisceau d’indices concordants, le parquet a ouvert une information judiciaire, confiant le dossier à un juge d’instruction d’Agen. Déféré au tribunal, le suspect a radicalement changé de stratégie en s’enfermant dans un mutisme complet. Le procureur d’Agen, Olivier Naboulet, a confirmé que le mis en cause avait refusé de s’exprimer ou de répondre aux questions lors de sa première comparution, une attitude qui renforce l’inquiétude générale et l’incompréhension des proches.
Au-delà du jour de la disparition, les révélations de la famille de la victime mettent en lumière des signaux d’alerte qui avaient poussé les parents à rompre définitivement les ponts avec cet individu quelques mois auparavant. Charly, la mère de Lyhanna, s’est exprimée avec une vive émotion sur les raisons de cette rupture nette. Au début de l’année scolaire, après une soirée pyjama passée au domicile du suspect avec sa camarade, la collégienne avait partagé des confidences troublantes avec ses parents. Elle nous avait dit qu’il s’était amusé à lui faire des chatouilles, qu’il avait pas mal joué avec elle, s’est souvenue la mère de famille. Inquiets, les parents avaient interrogé leur fille pour savoir si ces gestes avaient revêtu un caractère encore plus grave. Bien que l’enfant, un peu choquée et naïve, ait répondu par la négative en comparant cela au comportement d’un père avec sa fille, le couple avait immédiatement décelé une attitude inadaptée. Par mesure de protection, Charly avait formellement interdit à Lyhanna tout contact futur avec cet homme et sa famille.
Cette intuition parentale se trouve aujourd’hui cruellement confirmée par la découverte des antécédents professionnels du mis en cause. L’enquête a révélé que l’homme, dont le casier judiciaire était pourtant vierge de toute condamnation, avait fait l’objet d’une procédure disciplinaire sévère par le passé. Pendant trois ans, il avait exercé les fonctions d’agent territorial au sein de plusieurs lycées de la région. En 2021, il a été officiellement licencié par la direction du lycée Lannes de la commune de Lectoure. Ce renvoi faisait suite à un signalement explicite de la proviseure de l’établissement, qui avait découvert que l’agent envoyait des messages insistants et totalement inappropriés à une élève mineure sur les réseaux sociaux. Ce passif, resté ignoré de son entourage immédiat, dresse le portrait d’un homme au comportement récurrent et problématique envers les jeunes filles.
Pendant que la justice tente de briser le silence du suspect, une véritable course contre la montre s’est engagée sur le terrain pour retrouver Lyhanna. L’hypothèse d’une fugue volontaire a été catégoriquement écartée par les magistrats et par le père de l’enfant, Martial, qui décrit sa fille comme une enfant peureuse, casanière et absolument incapable de partir d’elle-même. Un dispositif de recherche exceptionnel a été déployé par la gendarmerie nationale. Plus de 150 militaires, appuyés par des équipes cynophiles spécialisées, des plongeurs inspectant les plans d’eau de la base de loisirs locale, ainsi que des moyens aériens d’envergure comprenant des drones et des hélicoptères équipés de caméras thermiques, patrouillent sans relâche dans le secteur de Fleurance et ses environs.
Les battues citoyennes, qui ont mobilisé près de 280 bénévoles locaux aux côtés des forces de l’ordre, ont permis de collecter plusieurs éléments matériels. Les autorités ont annoncé la découverte d’un certain nombre d’objets et d’indices suspectés d’être liés à la présence de la jeune fille ou du ravisseur. Ces éléments ont été immédiatement placés sous scellés pour être analysés en urgence. Parallèlement, le véhicule du suspect a été acheminé sous haute surveillance jusqu’aux laboratoires de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. Les experts en criminalistique y effectuent des constatations scientifiques extrêmement poussées à la recherche de moindres traces biologiques ou d’indices capillaires pouvant déterminer avec exactitude ce qui s’est passé à l’intérieur de l’habitacle après la sortie du collège.
Dans cette attente insoutenable, la douleur de la famille est immense. L’avocat des parents, Maître François Roujou de Boubée, a rappelé que l’unique obsession de ses clients, suspendus aux avancées de l’enquête, demeure le retour de leur enfant saine et sauve. La mère de Lyhanna a livré un témoignage poignant, évoquant la fête des mères qui venait de s’écouler dans un vide abyssal : Je ne rêve que d’une chose, c’est qu’on la retrouve et que j’ai le droit à mon câlin de fête des mères comme tous les ans. La communauté locale reste suspendue aux investigations, espérant qu’un sursaut de conscience ou les indices scientifiques permettront enfin de localiser la jeune fille et de faire éclater la vérité.