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Comment le Psaume 23 peut changer votre vie à jamais

Chapitre 1 : Le point de rupture à minuit pile

Le sang coulait lentement le long de mon front, chaud, poisseux, se mélangeant à la pluie glaciale de Chicago qui s’engouffrait par le pare-brise éclaté de ma berline. Minuit pile. Les chiffres du tableau de bord clignotaient paresseusement : 00:00. Autour de moi, le silence était assourdissant, brisé uniquement par le grésillement métallique de la radio court-circuitée et le gémissement lointain d’une sirène de police.

Quelques minutes plus tôt, j’étais David Vance, l’homme aux contrats à sept chiffres, le requin de la finance que rien ne pouvait arrêter. Maintenant, je n’étais plus qu’un corps brisé, coincé dans une carcasse de métal, fixant le vide. Mon téléphone portable, projeté sur le siège passager, s’alluma une dernière fois avant de s’éteindre. Le message qui s’y affichait venait de détruire ce qui me restait d’honneur : « Tout est fini. Ils savent pour les comptes. La police arrive chez toi. »

Trahi par mes associés. Abandonné par celle qui partageait ma vie. Ruiné en l’espace d’un après-midi.

J’ai fermé les yeux, sentant la panique m’étouffer comme un nœud coulant. C’est à ce moment précis, alors que l’obscurité menaçait de m’engloutir totalement, qu’une voix s’est élevée du fond de ma mémoire. Une voix vieille de trente ans, celle de ma grand-mère qui me berçait dans un petit appartement du Bronx : « L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien… »

J’ai ricané intérieurement, un rire amer qui m’a déchiré la gorge. Un berger ? Dans l’enfer de béton de l’Amérique moderne ? Quelle blague. J’avais passé ma vie à croire que je n’avais besoin de personne, que j’étais le seul maître de mon destin. Et regardez où cela m’avait mené.

Pourtant, alors que ma respiration se faisait plus rare, ces mots ont commencé à vibrer en moi d’une manière totalement différente. Ce n’était plus une simple récitation religieuse ennuyeuse pour funérailles ou moments de détresse. C’était autre chose. Une révélation brute, violente, un secret enfoui sous des siècles de traditions poussiéreuses qui exigeait d’être décodé. Et si le secret le plus puissant de l’univers était caché là, dans ce Psaume 23 que tout le monde connaît mais que personne ne comprend vraiment ?

Chapitre 2 : L’illusion du manque et le paradoxe du berger

Je m’en suis sorti cette nuit-là. Les secours m’ont extrait de la voiture, et les mois qui ont suivi ont été un véritable chemin de croix : tribunaux, faillite personnelle, jugements médiatiques. J’ai tout perdu. Logement, statut, amis. Je me suis retrouvé à vivre dans un studio minable de la banlieue de Détroit, travaillant douze heures par jour comme simple superviseur de nuit dans un entrepôt logistique. Le choc thermique culturel et social a été brutal.

C’est dans cette solitude extrême que j’ai commencé à disséquer ce texte. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi David – le roi David, pas moi – a écrit ces mots exacts : « L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien » ?

Une prise de conscience personnelle : On vit dans une société occidentale, particulièrement en Amérique, basée sur la culture du “hustle”, de la performance obsessionnelle et de la peur panique du manque. On nous répète dès l’enfance que si on s’arrête de courir, on va mourir de faim ou finir sous un pont. On accumule les diplômes, les abonnements, les followers, les biens matériels, et pourtant, le sentiment de vide reste inchangé.

Quand David choisit le mot “berger”, le public moderne passe souvent à côté de la charge émotionnelle et pratique du terme. Un berger, au Moyen-Orient antique, ce n’est pas un paysan romantique qui joue de la flûte assis sur une colline. C’est un boulot de brute. C’est un homme qui vit dehors, jour et nuit, qui affronte les loups, les lions, les voleurs de bétail, et qui connaît la topographie de chaque centimètre carré d’un désert aride.

Le berger ne surveille pas ses brebis de loin avec des jumelles ou un drone. Il vit avec elles. Il sent comme elles. Il est responsable de leur survie absolue.

Quand j’étais au sommet de ma carrière financière, je pensais que mon « berger », c’était mon compte en banque, mon réseau, mon intelligence. Mais les banques font faillite, les réseaux s’effondrent à la première rumeur, et l’intelligence peut être paralysée par un simple excès d’arrogance. Déclarer que « l’Éternel est mon berger », c’est un acte de rébellion pure contre le système du monde. C’est dire : « Je retire mon destin des mains des marchés financiers, de mon patron, de mes peurs, et je le confie à Celui qui a créé les étoiles. »

Et cette suite : « Je ne manquerai de rien. » Quelle phrase incroyable. Soyons honnêtes et un peu provocateurs : combien d’entre nous lisons cela en pensant secrètement que c’est faux ? On manque de temps, on manque d’argent, on manque d’amour, on manque de reconnaissance.

Mais j’ai compris une chose sur le sol en linoléum usé de mon studio de Détroit : le manque n’est pas une réalité matérielle, c’est un état d’esprit. David ne dit pas qu’il aura tout ce qu’il veut, mais qu’il ne manquera de rien de ce dont il a besoin. Il y a une nuance gigantesque que notre culture de consommation a totalement effacée. Lorsque vous réalisez que votre Créateur s’est personnellement engagé à subvenir à vos besoins émotionnels, spirituels et physiques, l’anxiété qui vous ronge l’estomac chaque matin commence à s’évaporer.

Chapitre 3 : La tyrannie de l’action et les pâturages verts

« Il me fait reposer dans de verts pâturages… »

Je me rappelle un mardi après-midi, quelques mois après mon installation à Détroit. Mon corps était épuisé par les rythmes de nuit décalés. Mon esprit tournait en boucle sur mes erreurs passées, mes regrets, la colère contre mes anciens partenaires qui s’en étaient sortis sans une égratignure juridique. J’étais assis dans un petit parc public défraîchi, le seul coin de verdure à des kilomètres à la ronde, entouré par le bourdonnement de l’autoroute.

Le texte dit : « Il me fait reposer ». En hébreu original, il y a une notion de contrainte douce. Parfois, Dieu est obligé de nous forcer à nous allonger. Pourquoi ? Parce que nous sommes des brebis stupides et têtues. Si on nous laisse faire, on court jusqu’à l’épuisement total, jusqu’à ce que notre cœur ou notre esprit lâche. Mon accident de voiture à minuit pile, c’était ça : Dieu qui brisait ma course folle pour me forcer à m’allonger.

Dans notre jargon moderne, on appelle ça le burnout. On en fait des bouquins, des podcasts, des séminaires d’entreprise. Mais la solution n’est pas dans une application de méditation payante ou un week-end de détox numérique à Tulum. Elle est dans la source du repos.

Les “verts pâturages” ne représentent pas des vacances à la Barbade. Ce sont des lieux d’abondance spirituelle, de nourriture pour l’âme. Une brebis ne peut pas se reposer si elle a faim, si elle a peur, ou si elle est parasitée par des insectes. Le berger doit d’abord la nourrir, la traiter et la rassurer pour qu’elle accepte enfin de plier ses pattes et de fermer les yeux.

Je me suis rendu compte à quel point j’avais confondu l’action et l’accomplissement. Je pensais que ne rien faire était un péché mortel contre ma propre réussite. Quel mensonge corporate ! Le repos n’est pas une faiblesse, c’est un acte de foi suprême. Quand vous acceptez de vous arrêter, vous dites implicitement : « Le monde peut continuer à tourner sans moi pendant quelques heures, parce que ce n’est pas moi qui le maintiens en place, c’est Dieu. »

C’est une véritable claque à notre ego. Et franchement, ça fait un bien fou.

Chapitre 4 : Les eaux paisibles contre la tempête médiatique

« Il me dirige près des eaux paisibles. »

Vous devez comprendre l’analogie de l’eau pour une brebis. Une brebis a une sainte horreur des eaux tumultueuses, des torrents qui grondent. Pourquoi ? Parce que si sa laine se gorge d’eau dans un courant rapide, elle coule comme une pierre et se noie. Elle le sait instinctivement. Elle a besoin d’une eau immobile, lisse comme un miroir, pour pouvoir s’approcher et boire sans paniquer.

À l’époque de mon procès, mon nom était traîné dans la boue dans la presse locale. Chaque notification sur mon téléphone était une nouvelle attaque, un nouveau commentaire haineux sur les réseaux sociaux. Mon esprit était un torrent en pleine crue, emportant tout sur son passage. Je n’arrivais plus à réfléchir, à prendre les bonnes décisions.

Un soir, j’ai littéralement éteint mon téléphone. Je l’ai mis dans un tiroir, et je suis resté assis dans le noir pendant deux heures. J’ai demandé : « OK, Dieu, montre-moi ces eaux paisibles, parce que là, je suis en train de me noyer. »

Ce que j’ai découvert dans ce silence, ce n’est pas une solution magique à mes problèmes juridiques ou financiers. C’était une paix interne, une sorte de sanctuaire que les circonstances extérieures ne pouvaient pas toucher.

La paix que le monde propose est conditionnelle : vous êtes en paix si votre compte est plein, si votre santé est parfaite, si votre couple va bien. La paix que le Berger offre est structurelle : elle existe au milieu du chaos. Les eaux sont paisibles non pas parce qu’il n’y a pas de tempête autour, mais parce que le Berger a dressé une digue entre l’agitation du monde et la profondeur de votre âme.

Chapitre 5 : La chirurgie de l’âme et les sentiers sinueux

« Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom. »

La restauration n’est pas un processus esthétique agréable. Ce n’est pas un coup de peinture fraîche sur une façade décrépite. C’est de la reconstruction lourde. C’est enlever les poutres pourries, gratter la moisissure, casser les fondations mal alignées.

Pendant des années, j’avais accumulé des traumatismes non réglés : le divorce de mes parents, des trahisons amicales que j’avais enterrées sous des couches de cynisme et de travail acharné. Je croyais que j’allais bien parce que j’avais du succès. Mensonge. Mon âme était en lambeaux, pleine de cicatrices infectées.

Le Berger prend le temps de nettoyer chaque plaie. Ça fait mal. Parfois, on a l’impression que la guérison divine est plus douloureuse que le mal d’origine. On doit faire face à nos propres ombres, admettre nos torts, pardonner à ceux qui nous ont détruits.

Et puis, il y a ces fameux « sentiers de la justice ». Laissez-moi vous donner une perspective de terrain : dans le désert de Judée, les sentiers de montagne ne sont pas des lignes droites asphaltées. Ce sont des chemins étroits, sinueux, qui contournent les falaises. Pour un observateur lointain, la brebis semble tourner en rond ou s’éloigner du sommet. Mais le berger sait que s’il montait en ligne droite, la pente serait trop raide et le troupeau s’effondrerait d’épuisement.

Combien de fois dans votre vie avez-vous eu l’impression de régresser ? Vous pensiez avoir surmonté un problème, et voilà qu’il revient. Vous pensiez avoir trouvé le bon travail, et vous vous retrouvez licencié. On s’énerve, on crie à l’injustice. Mais le Berger voit la trajectoire globale. Il vous fait contourner la montagne pour construire vos muscles spirituels, pour tester votre endurance. Il fait cela « à cause de son nom ». Sa propre réputation de guide est en jeu. Il ne permettra pas que vous tombiez dans le précipice si vous restez dans ses pas.

Chapitre 6 : La traversée de la vallée de l’ombre

« Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi… »

Nous y voilà. C’est le cœur du Psaume. Le verset que l’on grave sur les pierres tombales et que l’on murmure dans les chambres d’hôpital. Mais la réalité est bien plus brute.

La “vallée de l’ombre de la mort” (ou la vallée de la profonde obscurité) est un lieu géographique réel en Israël. Ce sont des gorges profondes, des canyons étroits où la lumière du soleil ne pénètre presque jamais. Les parois rocheuses sont abruptes, et c’est là que se cachent les prédateurs, tapis dans l’ombre, attendant qu’une brebis s’éloigne ou trébuche.

Mon expérience de la vallée, ce fut l’hiver 2025. Ma santé a commencé à décliner à cause du stress accumulé. J’ai développé des douleurs thoraciques chroniques. Un soir, seul dans mon studio, j’ai cru que je faisais une crise cardiaque. J’étais terrifié à l’idée de mourir seul, anonyme, oublié de tous dans cette ville industrielle grise.

Notez bien la grammaire du texte, c’est crucial. David ne dit pas : « Si je survole la vallée » ou « Si j’évite la vallée ». Il dit : « Quand je marche dans la vallée ». La vallée est un passage obligatoire. Il n’y a pas de raccourci pour la maturité spirituelle ou la force de caractère. Vous devez traverser le noir.

Mais regardez le changement de pronom personnel qui s’opère ici. Dans les premiers versets, David parle de Dieu à la troisième personne : « Il me fait reposer… Il me dirige… Il restaure… ». Dieu est un sujet d’étude, une entité dont on vante les mérites. Mais dès qu’on entre dans la vallée de l’ombre, le langage change radicalement. David passe à la deuxième personne : « Car tu es avec moi. »

Mon analyse : La théologie ne vous sauvera pas dans le noir. Les concepts abstraits sur Dieu ne servent à rien quand vous êtes face à un diagnostic de cancer, à un divorce destructeur ou à la perte d’un enfant. Dans la vallée, vous n’avez pas besoin d’un cours sur Dieu ; vous avez besoin de sa présence tangible. La vallée transforme le “Il” lointain en un “Tu” intime.

Et c’est là que la peur perd son pouvoir. David ne dit pas qu’il n’y a pas de danger ou que le mal a disparu. L’ombre est bien là, menaçante, palpable. Mais la présence du Berger annule l’effet de la terreur. La peur est une projection du futur basée sur l’absence de protection. Si le protecteur suprême est à moins de trente centimètres de vous, de quoi pouvez-vous avoir peur ?

Chapitre 7 : La houlette et le bâton – L’art de la correction divine

« Ta houlette et ton bâton me rassurent. »

Voilà deux outils que la mentalité moderne, hyper-individualiste et allergique à toute forme d’autorité, a beaucoup de mal à accepter. On veut bien du réconfort, mais pas de la discipline. Pourtant, David dit que ces instruments le rassurent. C’est presque masochiste à première vue. Pourquoi la discipline serait-elle rassurante ?

Regardons de plus près ces deux objets.

Le bâton (ou la masse) est une arme courte, lourde, souvent cloutée ou renforcée. Le berger l’utilise principalement contre les agresseurs extérieurs. Si un coyote ou un serpent s’approche du troupeau, le berger lance ou manie le bâton avec une précision chirurgicale pour fracasser le crâne du prédateur. Savoir que mon Berger a une arme lourde à la ceinture pour me défendre contre les attaques spirituelles ou humaines, personnellement, ça me rassure énormément.

La houlette, quant à elle, est cette longue canne fine avec un crochet distinctif au bout. Elle sert à deux choses. D’abord, à ramener gentiment la brebis qui commence à dévier du chemin en l’attrapant par le cou ou la patte sans la blesser. Ensuite, le berger s’en sert pour toucher doucement les flancs de l’animal dans le noir de la vallée pour lui signaler : « Je suis là, juste à côté, continue d’avancer. »

Mais parfois, la houlette sert aussi à corriger. Si une brebis s’obstine à vouloir sauter du haut d’une falaise, le berger va lui donner un coup sec sur les pattes. Ça fait mal sur le coup. L’animal ne comprend pas pourquoi son “gentil berger” vient de lui infliger une douleur. Mais ce coup de bâton lui évite de se briser le cou cinq mètres plus bas.

J’ai dû accepter la correction de Dieu dans ma vie. Ma chute financière était une conséquence de mes propres choix basés sur l’avidité et l’orgueil. Dieu a utilisé les circonstances pour briser mes jambes d’orgueil afin que je ne saute pas dans le précipice de la destruction totale de mon âme. Ce fut une douloureuse bénédiction. Avec le recul, je remercie Dieu chaque jour pour ce coup de houlette salvateur.

Chapitre 8 : Le banquet face aux loups

« Tu dresses devant moi une table, en face de mes adversaires… »

C’est sans doute l’image la plus hollywoodienne et la plus provocante de tout le texte. Imaginez la scène. Vous êtes entouré par vos ennemis jurés : des gens qui veulent votre peau, des créanciers, des ex-partenaires qui vous ont trahi, des détracteurs qui attendent votre chute. Ils sont là, formant un cercle vicieux autour de vous, grognant, montrant les dents.

Et que fait Dieu ? Est-ce qu’il lance une bombe atomique sur vos ennemis ? Est-ce qu’il vous téléporte loin d’eux dans un endroit sûr ?

Non. Il sort une nappe blanche, installe des bougies, apporte de l’argenterie et dresse un banquet gastronomique de sept plats. Et il vous dit : « Assieds-toi, sers-toi un verre, et mange. »

C’est une démonstration de force absolue. Manger, dans l’Antiquité, est un acte de paix et de sécurité. Vous ne pouvez pas manger un repas gastronomique si vous êtes en état de stress intense ou de fuite ; votre système digestif se bloque. En dressant cette table, Dieu envoie un message clair à vos adversaires : « Vous ne pouvez pas toucher à mon enfant. Vous êtes obligés de rester là, à regarder comment je le bénis, et vous ne pouvez rien y faire. »

Pendant longtemps, j’ai voulu que mes ennemis disparaissent pour que je puisse enfin être heureux. Je voulais des excuses publiques, des vengeances karmiques. J’avais tort. La maturité, c’est être capable de savourer les bénédictions de Dieu, de rire, d’aimer, de créer, alors même que les problèmes et les critiques sont encore visibles dans la même pièce. Votre paix ne dépend plus de la disparition de l’opposition, elle dépend de la présence de l’Hôte qui a préparé le repas.

Chapitre 9 : L’onction d’huile et la mentalité de la coupe pleine

« Tu oins d’huile ma tête, et ma coupe déborde. »

Encore une fois, revenons à la réalité pastorale. En été, les brebis souffrent le martyre à cause des mouches et des moustiques qui pondent dans les membranes humides de leur nez. Si ces larves éclosent, elles remontent dans le canal sinusal et rendent la brebis littéralement folle de douleur, au point qu’elle se frappe la tête contre les rochers jusqu’à en mourir.

Pour éviter cela, le bon berger prépare un mélange d’huile d’olive, de soufre et d’épices, et il en enduit généreusement la tête et le museau de l’animal. L’huile agit comme un répulsif instantané. Les insectes ne peuvent plus se poser. La brebis ressent une fraîcheur, une libération immédiate. Elle peut enfin respirer et paître tranquillement.

L’onction d’huile, c’est le bouclier mental contre les pensées toxiques, les inquiétudes quotidiennes, les attaques psychologiques qui tentent de s’infiltrer dans notre esprit pour nous rendre fous. Sans cette protection divine quotidienne, nous passons notre temps à nous frapper la tête contre les murs des réalités économiques et sociales.

Et puis, il y a cette coupe. « Ma coupe déborde. »

Je me souviens de ma mentalité d’avant. Même quand je gagnais des sommes astronomiques, ma coupe me semblait toujours à moitié vide. J’avais toujours peur de perdre ce que j’avais, ou envie d’avoir ce que le voisin possédait. C’est la malédiction de la rareté. Notre culture occidentale souffre d’un trouble obsessionnel compulsif de la pénurie imaginaire.

Dieu n’est pas un Dieu du strict minimum. Il ne remplit pas votre verre à ras bord avec un compte-gouttes pour économiser ses ressources. Il verse jusqu’à ce que le liquide coule sur la table, sur le tapis, partout. Sa bénédiction est excessive, disproportionnée.

Lorsque j’ai commencé à regarder mon petit studio, mon travail modeste, ma santé retrouvée, non plus à travers le prisme de ce qui me manquait, mais à travers le prisme de la grâce pure, ma perspective a basculé. J’avais un toit. J’avais du pain. J’avais la paix de l’esprit. Ma coupe débordait, non pas de dollars, mais de vie authentique.

Chapitre 10 : Les deux gardes du corps célestes

« Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie… »

La traduction française classique utilise le verbe “accompagner”. C’est un peu trop poli, presque passif. En hébreu, le verbe utilisé est « radaph », qui signifie littéralement poursuivre, chasser, traquer. C’est le mot qu’on utilise pour une armée qui poursuit un ennemi en déroute ou un prédateur qui traque sa proie.

Comprenez-vous l’intensité de cette image ? Le bonheur (la bonté) et la grâce (la miséricorde) ne marcheraient pas gentiment derrière vous comme des toutous dociles. Ils vous traquent. Ils vous courent après. Même lorsque vous essayez de leur échapper par vos doutes, vos erreurs, vos fuites en avant dans le travail ou les addictions, ces deux gardes du corps mandatés par le Ciel refusent de vous lâcher. Ils vous prennent en chasse.

J’ai passé des années à poursuivre le bonheur. Je courais après lui sur les marchés boursiers, dans les vitrines des concessions automobiles, dans le regard des autres. J’étais épuisé à force de courir après une ombre.

Le secret du Psaume 23, c’est d’inverser la course. Arrêtez de poursuivre des choses qui ne peuvent pas vous rassasier. Laissez-vous attraper par la bonté et la miséricorde de Dieu. Laissez-les vous percuter par l’arrière. C’est une sensation incroyable de se retourner et de voir que malgré nos échecs lamentables, la grâce est là, debout, souriante, prête à nettoyer nos bêtises et à nous relancer dans la course.

Chapitre 11 : La perspective éternelle et la fin du voyage

« …Et j’habiterai dans la maison de l’Éternel pour la durée de mes jours. »

Nous arrivons au terme de la route. Beaucoup de gens lisent ce dernier verset comme une simple note d’intention pour l’au-delà, une promesse de paradis avec des nuages et des harpes après notre dernier souffle. C’est vrai, bien sûr, mais c’est aussi tellement plus grand que cela pour notre présent.

La “maison de l’Éternel”, ce n’est pas un lieu géographique lointain accessible uniquement après la morgue. C’est un état de communion permanent, ici et maintenant. Habiter dans sa maison, c’est vivre avec la conscience constante que nous sommes sous son toit, protégés par ses lois hospitalières, nourris par sa cuisine, en sécurité sous sa charpente.

Mon voyage personnel m’a transformé. Dix ans après cet accident de voiture à minuit pile, je ne suis plus le même homme. Je n’ai pas récupéré mes millions à Wall Street, et honnêtement, je m’en fiche complètement. J’ai ouvert une petite entreprise de conseil financier éthique pour aider les familles modestes à s’en sortir sans tomber dans les pièges du crédit et du surendettement. Je gagne ma vie modestement, mais je dors comme un bébé chaque nuit.

Mes anciens associés ? Certains sont en prison, d’autres sont dévorés par les ulcères et les procès. Moi, j’ai trouvé la seule richesse qui ne peut pas être saisie par un tribunal ou dévaluée par l’inflation : la paix d’une âme restaurée.

Épilogue : L’invitation à la transformation

La question qui se pose à vous aujourd’hui, alors que vous terminez la lecture de cette longue confession, est simple mais radicale : Qui est votre berger ?

Si votre berger est votre carrière, elle finira par vous user jusqu’à l’os. Si votre berger est votre compte en banque, il vous laissera affamé au milieu de votre propre banquet de peurs. Si votre berger est votre propre force intellectuelle, elle finira par s’effondrer sous le poids d’une crise que vous n’aviez pas anticipée.

Aujourd’hui, vous pouvez choisir de transférer la gestion de votre existence. Vous pouvez abandonner votre mentalité de pénurie et entrer dans l’abondance divine du Psaume 23. Ce n’est pas une formule magique, c’est une relation quotidienne de confiance. Une décision de s’allonger quand Il dit de se reposer, de boire là où Il dirige, et de marcher sans trembler au milieu des ombres les plus épaisses.

Finissons ce voyage ensemble par cette prière, une simple remise des clés de notre cœur :

Père céleste, Créateur de l’univers et Guide de mon âme, je reconnais aujourd’hui que j’ai trop souvent essayé d’être mon propre berger. Je me suis épuisé dans des déserts de performance, j’ai bu des eaux polluées par l’anxiété du monde, et je me suis perdu dans des vallées de doutes.

Aujourd’hui, je dépose mes armes, mes calculs et mes peurs à tes pieds. Je déclare que Tu es mon unique Berger. Je choisis de croire que je ne manquerai de rien. Conduis-moi vers tes verts pâturages, rafraîchis mon âme fatiguée près de tes eaux paisibles. Restaure ce qui a été brisé par la vie, redresse mes pas sur tes sentiers de justice.

Et quand les ombres de la vie se feront denses autour de moi, rappelle-moi que Tu es là, à portée de main, avec ta houlette et ton bâton pour me rassurer. Je m’assois avec confiance à la table que Tu dresses pour moi, acceptant ton onction et laissant ma coupe déborder de ta grâce.

Que ta bonté et ta miséricorde me traquent sans relâche chaque jour, jusqu’à ce que je franchisse le seuil de ta maison éternelle. En ton saint nom.

Amen.

Disclaimer: This story is a work of fiction created for entertainment purposes. Any resemblance to real persons, events, or places is coincidental.