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Marseille : une famille avec des maillots du PSG exfiltrée par la police

Le football possède cette double faculté unique : transcender les foules par la beauté du sport hoặc sombrer dans les abysses de la bêtise humaine lorsque la rivalité prend le pas sur la raison. Ce samedi en début de soirée, l’emblématique Vieux-Port de Marseille, haut lieu touristique và bastion incontesté de l’Olympique de Marseille, a été le théâtre d’une scène d’une violence psychologique rare. Une famille de supporters du Paris Saint-Germain, comprenant deux parents và deux enfants en bas âge, a été prise pour cible, assiégée và menacée de lynchage pour le simple tort d’avoir porté le maillot de leur club de cœur.

Le contexte laissait déjà présager une atmosphère électrique. Quelques instants plus tôt, le Paris Saint-Germain venait de remporter la prestigieuse finale de la Ligue des Champions face à Arsenal, au terme d’une séance de tirs au but haletante. Si la capitale française exultait, la cité phocéenne, elle, broyait du noir. L’amertume và la déception des supporters marseillais étaient palpables sur le port. C’est dans ce climat de frustration extrême qu’une famille de quatre personnes a décidé de s’installer dans un restaurant de l’enseigne Subway situé sur le quai. Vêtus des tuniques classiques du PSG, frappées du sponsor Qatar Airways, ils ont immédiatement été repérés par des groupes de supporters locaux. Ce qui n’était probablement qu’un choix vestimentaire de célébration a été instantanément perçu par les Marseillais comme une provocation intolérable, un dangereux affront en plein territoire ennemi.

Rapidement, la situation a échappé à tout contrôle. Une foule hostile s’est amassée devant l’entrée de l’établissement và de l’autre côté de la chaussée, encerclant littéralement le restaurant où la famille se trouvait prise au piège. Frédéric Munch, journaliste indépendant présent sur les lieux, témoigne de la rapidité de l’escalade và de l’angoisse montante. Les invectives ont fusé, atteignant un degré de violence verbale inouï. Des propos d’une extrême gravité ont été proférés à l’encontre du père de famille, certains ennemis du club de la capitale criant qu’il était un “malade mental” d’exposer ses enfants ainsi, allant jusqu’à proférer des menaces de viol explicites envers son épouse. Face à cette haine viscérale, la détresse psychologique des parents était totale.

Heureusement, au milieu de cette fureur, quelques voix ont tenté de calmer le jeu, conscientes de la présence des deux très jeunes enfants. Grâce à l’aide de proches, les deux bambins ont pu être extraits discrètement du restaurant pour être mis en sécurité loin de la cohue. Pour protéger les parents restés à l’intérieur, la sécurité du Subway a dû réagir en urgence, verrouillant les portes và faisant appel aux agents d’une société de gardiennage voisine pour barricader l’accès. Pendant près de quarante minutes, le fast-food est resté fermé, transformé en un bunker de fortune entouré par des dizaines d’individus bien décidés à régler leur compte aux Parisiens.

Pour dénouer cette crise majeure, les parents ont finalement accepté de capituler en retirant leurs maillots bleus và rouges. C’est dans ce contexte d’extrême tension que les forces de l’ordre sont intervenues en nombre pour organiser une exfiltration sécurisée. Escortés par les policiers, l’homme và la femme sont sortis sous les huées và les sifflets nourris de la foule marseillaise. Selon les observations du journaliste sur place, le couplé a affiché une attitude jugée triomphante lors de leur sortie, un dernier geste de défi qui a été vécu comme une nouvelle provocation par les personnes massées aux abords du port.

Cet incident dramatique relance inévitablement le débat sur la sécurité và la liberté de circulation des supporters en France. À l’été 2020, lors d’une précédente finale du PSG, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône avait pris un arrêté historique interdisant le port du maillot parisien dans tout Marseille, avant de faire machine arrière face au tollé général và à l’absurdité de la mesure. Pour cette finale, aucune restriction de ce type n’avait été imposée. Si aucune suite judiciaire n’a pour l’instant été officiellement annoncée par le couple, ce fâcheux événement rappelle cruellement que pour certains, la passion du ballon rond a définitivement quitté le terrain de la sportivité pour s’enfoncer dans une intolérance aveugle và inquiétante.