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“Aguicheuse, ayant tendance à mentir”: comment le père de Jérôme Barella qualifiait ses deux petites-filles qui l’accusent d’inceste

Joël Barella, père de Jérôme Barella.

Joël Barella, père de Jérôme Barella, a été accusé par deux petites-filles de sa compagne de faits d’inceste entre 2010 et 2018. Des viols et des agressions sexuelles qu’il a toujours contestés. La justice a classé les deux affaires, mais rouvre aujourd’hui au moins l’une des deux enquêtes. Révélations.

Le 19 février 2013, une mère et sa fille, Prescyllia, 13 ans, poussent la porte d’une gendarmerie, en Haute-Garonne. Elles viennent dénoncer des faits d’inceste sur l’enfant, qui auraient été commis par le compagnon de la grand-mère paternelle, soit le grand-père par alliance. Un homme dont le nom de famille est aujourd’hui très connu : Barella. Il s’agit en réalité de Joël… le père de Jérôme Barella, âgé aujourd’hui de 71 ans.

Les faits d’inceste se sont déroulés, d’après le récit de la petite fille, entre janvier 2010 et février 2013, au domicile des grands-parents, mais aussi au domicile du papa, séparé de la mère, et qui n’ont aucun lien de parenté avec Jérôme Barella. Des faits qui ont eu lieu à de multiples reprises, selon la fillette.

Sa maman raconte aux gendarmes qu’elle avait constaté un changement brutal dans le comportement de Prescyllia, devenue soudainement une enfant très difficile, jusqu’au jour où sa fille lui avait révélé avoir subi des faits d’inceste, parlant d’attouchements sur la poitrine, sur le sexe, et même de pénétrations par son grand-père par alliance. Un homme âgé à ce moment-là de 58 ans, qui lui avait demandé de “n’en parler à personne”, dira-t-elle.

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Une famille presque toute en défense du grand-père

Le lendemain de la plainte, le 20 février 2013, un médecin légiste en Haute-Garonne examine l’enfant, mais ne constate aucune lésion traumatique, récente ou ancienne. Une experte psychologue, elle, note que les modifications dans le comportement de la fillette peuvent “correspondre à des troubles évocateurs d’abus sexuels – échec scolaire, agressivité, attitude provocante, tristesse et colère, automutilation…-“.

Les enquêteurs vont alors s’intéresser à la famille de la petite Prescyllia et à son entourage. Son père, le fils de la compagne de Joël Barella, va qualifier sa propre fille de “menteuse, vicieuse et charmeuse”, aimant “attirer l’attention”. Sa grand-mère paternelle, compagne de Joël Barella, va aussi se retourner contre sa petite-fille, parlant de son “attitude provocante”, racontant cette fois où elle serait rentrée dans la salle de bains pour voir son grand-père “sous la douche”, ce que l’enfant a pourtant farouchement nié. L’équipe enseignante de l’établissement scolaire parle aussi d’une “menteuse”, “qui se complaisait dans des conflits avec des camarades et créait des tensions”.

Une seule voix, avec celle de sa propre mère, va s’élever dans la procédure judiciaire pour prendre sa défense à l’époque: celle de Bérengère, la belle-mère de Prescyllia. “C’est Joël qui avait l’argent, il construisait des maisons pour tout le monde dans la famille, c’est pour cela que tout le monde préférait le défendre plutôt que défendre la petite Prescyllia”, estime-t-elle aujourd’hui, contactée par BFMTV.

“Aguicheuse, ayant tendance à mentir”

Le 17 septembre 2014, Joël Barella est placé en garde à vue. Il raconte considérer les six petits-enfants de sa compagne, dont Prescyllia, comme les siens, mais décrit l’enfant accusatrice comme différente des autres, “aguicheuse devant des garçons plus âgés qu’elle”, “ayant tendance à mentir”. Il nie catégoriquement les faits. Un expert psychiatre l’examine, “aucun trouble, aucune dangerosité psychiatrique”, conclut l’expert. Ce n’est qu’un an plus tard qu’une information judiciaire est ouverte contre lui, pour viols sur mineur et agressions sexuelles sur mineur, par le parquet de Béziers.

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En parallèle de ces investigations, Prescyllia est placée en famille d’accueil à la demande de sa maman isolée, complètement démunie. La jeune adolescente sombre totalement. “Troubles psychiques et souffrance massive”, note sa référente au sein de l’Aide sociale à l’Enfance. Une famille d’accueil se plaint de son comportement sexualisé, inapproprié au regard de son âge. Conséquences de l’inceste subi?

La justice le voit autrement. Le 25 novembre 2020, Joël Barella comparaît pour la première fois devant le juge d’instruction, qui décide de ne pas le mettre en examen, mais de le placer sous le statut de témoin assisté. L’enquête est clôturée le lendemain.

“À l’issue de l’information judiciaire, les faits ne sont nullement établis”, écrit le juge d’instruction du tribunal judiciaire de Béziers. “Aucun élément recueilli ne permet d’établir la matérialité des faits”. La décision tombe en 2021: une ordonnance de non-lieu, c’est-à-dire une absence de procès et un abandon des poursuites judiciaires à son encontre.

Sa demi-sœur dit aussi avoir été victime d’inceste

Mais Prescyllia n’est pas la seule à avoir accusé Joël Barella d’inceste. En août 2018, sa demi-sœur, âgée de six ans de moins, se retrouve seule tout un mois d’été au domicile de sa grand-mère paternelle et de son compagnon, Joël. Contactée par BFMTV, cette jeune femme, Maeva, qui tient à témoigner sous son vrai prénom, nous raconte.

“Ma grand-mère était alitée à cause du diabète, c’était surtout Joël qui me gardait. Pendant tout ce mois d’été, il m’a fait subir des attouchements sexuels. J’avais 12 ans. Je savais que ce n’était pas normal, mais je l’ai gardé pour moi jusqu’à mes 13 ans, jusqu’au jour où j’ai osé parler à un professeur, qui me parlait de mon échec scolaire. Il a fait un signalement, et plus tard, les gendarmes sont venus m’entendre”, se souvient-elle, d’une voix claire.

Une autre enquête judiciaire, pour agressions sexuelles cette fois, est alors ouverte, mais se terminera par un classement sans suite, en 2020, sur décision du parquet de Béziers, pour infraction insuffisamment caractérisée. Les magistrats de ce tribunal ont-ils fait le rapprochement entre les plaintes des deux demi-sœurs, visant le même homme?

L’enquête sur les agressions sexuelles rouverte

Contacté à ce sujet, le parquet de Béziers a annoncé à BFMTV ce mercredi rouvrir l’enquête sur les faits dénoncés par Maeva. “A l’aune des derniers évènements couvrant l’actualité, le procureur de Béziers a souhaité réexaminer la procédure et, à la lecture de celle-ci, a décidé de rouvrir l’enquête afin de procéder à certaines vérifications complémentaires”, indique le parquet dans un communiqué.

Un soulagement immense pour Maeva, qui l’a appris par nos soins. “J’avais dû me faire une raison et passer outre par manque de preuves, mais là je me dis que ça ne sera pas laissé à l’abandon”, explique-t-elle à BFMTV.

L’autre procédure, concernant Prescyllia, va-t-elle être rouverte également ? “Ce n’est pas prévu”, indique une source judiciaire. “Comme il y a eu une ordonnance de non-lieu, procéduralement, la seule chose qui permette de rouvrir l’enquête serait une charge nouvelle”. Un coup dur pour Prescyllia, que nous avons pu joindre et qui témoigne elle aussi sous son vrai prénom. “Je pense qu’on a le droit d’avoir justice de tout le mal qu’il nous a fait”, nous indique-t-elle.