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Maïté : ses 7 frères et sœurs, la mort de son fils, ses années à la SNCF, « l’horreur » à Paris… tout ce que vous ignoriez sur l’animatrice

Maïté : ses 7 frères et sœurs, la mort de son fils, ses années à la SNCF, « l’horreur » à Paris… tout ce que vous ignoriez sur l’animatrice

Ce 2 juin 2026, Maïté aurait célébré ses 88 ans. Derrière la star des fourneaux se cachait une femme cabossée, drôle et profondément attachée à ses Landes.

embre 2024 à l’âge de 86 ans, l’ancienne reine de La Cuisine des mousquetaires reste une figure à part de la télévision française.

Derrière sa voix rocailleuse, ses recettes généreuses et ses séquences devenues cultes, se cachait pourtant une vie bien plus rude qu’on ne l’imagine.

Enfance modeste, métier oublié à la SNCF, drame familial, rejet viscéral de Paris… retour sur les facettes méconnues de celle qui s’appelait en réalité Marie-Thérèse Ordonez.

Une enfance modeste au milieu d’une immense fratrie

Avant de devenir une vedette du petit écran, Maïté grandit loin des plateaux télé. Née le 2 juin 1938 à Rion-des-Landes, dans les Landes, elle est issue d’une famille nombreuse de sept enfants. Ses parents sont cultivateurs et la petite Marie-Thérèse apprend très tôt la valeur du travail.

Dans cette maison où l’argent manque souvent, chacun met la main à la pâte. Elle aide aux champs, participe au labourage et quitte rapidement l’école. À seulement 14 ans, la future animatrice tourne déjà la page des études.

Des années plus tard, elle reviendra sans détour sur cette enfance modeste. « On n’avait aucun sou », confiera-t-elle avec sa franchise habituelle. Mais cette jeunesse rude forge aussi son caractère. Une personnalité entière, directe et sans filtre qui deviendra sa marque de fabrique à la télévision.

Avant la célébrité, Maïté connaît aussi un premier exil compliqué à Paris, où elle travaille comme bonne. Une expérience dont elle gardera un souvenir douloureux. La capitale, très peu pour elle. En 2008, sur le plateau de Mireille Dumas, elle lâche avec son humour légendaire : « C’était très dur la vie de Paris. C’est à la fois inhumain et infernal. Quelle horreur ! »

Puis elle enfonce le clou dans un éclat de rire devenu culte : « Est-ce que j’ai une tête à habiter à Paris ? » Une phrase à son image, cash et spontanée.

Maïté : la famille avant la Cuisine des Mousquetaires ! | INA Mireille Dumas

Trompette à la SNCF, rugby et télévision : l’incroyable destin d’une star improbable

Le parcours de Maïté ressemble à un scénario impossible à inventer. Après son retour dans les Landes, elle travaille dans un restaurant les week-ends tout en exerçant pendant 22 ans un métier aujourd’hui disparu à la SNCF.

Son rôle ? Prévenir les ouvriers des voies ferrées de l’arrivée d’un train… à l’aide d’une trompette. Une fonction peu connue qui consistait à sécuriser les rails dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques. Rien ne destinait alors cette femme au fort accent landais à devenir une personnalité nationale.

Le destin bascule pourtant au début des années 1980. Passionnée de cuisine et impliquée dans la vie locale, Maïté prépare régulièrement les repas de la troisième mi-temps pour l’équipe de rugby de son village. Lors d’un reportage, le réalisateur Patrice Bellot repère cette femme haute en couleur.

Très vite, La Cuisine des mousquetaires voit le jour sur FR3 Aquitaine, avant une diffusion nationale. Aux côtés de Micheline Banzet, elle forme un duo improbable mais irrésistible : la Parisienne élégante et la Landaise au franc-parler.

Pendant près de quinze ans, les téléspectateurs tombent sous le charme de cette cuisinière pas comme les autres. Certaines scènes entrent même dans la légende du petit écran. Impossible d’oublier sa dégustation d’ortolan ou encore la fameuse anguille assommée au pilon en plein direct en 1992. Une séquence autant critiquée que culte.

Mais Maïté ne s’arrête pas là. Elle anime À table !, prête sa voix à la radio, tourne des publicités pour BonuxRondelé ou encore William Saurin, et décroche même un premier rôle au cinéma dans Le Fabuleux Destin de madame Petlet en 1995.

Les critiques applaudissent. Certains saluent « une présence généreuse qui crève l’écran ». Pourtant, elle reste fidèle à ses racines landaises.

Le drame de son fils et une fin de vie loin des projecteurs

PORTRAIT. Mort de Maïté : d'employée SNCF à reine des fourneaux à la télé,  l'incroyable parcours de cette ambassadrice de la cuisine traditionnelle -  ladepeche.fr

Derrière son rire tonitruant, Maïté a aussi traversé des épreuves personnelles dévastatrices. Mariée en 1959 à Jean-Pierre Ordonez, surnommé « Pierrot », elle met du temps avant de devenir mère. Le couple accueille finalement un fils unique : Serge.

Mais en 2013, le drame frappe. Serge meurt d’un cancer à 52 ans. Une douleur immense pour l’animatrice, très attachée à sa famille. Si elle reste discrète publiquement sur cette tragédie, ses proches décrivent une femme profondément meurtrie.

Elle trouve malgré tout du réconfort auprès de ses deux petites-filles, Perrine et Camille. Cette dernière se fera remarquer en participant à l’émission Objectif Top Chef en 2018, prolongeant symboliquement le lien familial avec la cuisine.

Les dernières années sont plus difficiles. Son restaurant Chez Maïté, ouvert avec son mari à Rion-des-Landes, est placé en liquidation judiciaire en 2015. Déjà fragilisée par des soucis de santé, l’ancienne star des fourneaux s’éloigne peu à peu de la vie publique.

Elle finit ses jours dans un Ehpad de sa commune natale, là même où tout avait commencé. Le 21 décembre 2024, la France apprend sa disparition. Les hommages affluent immédiatement. Le président de la République salue une « ambassadrice de notre cuisine traditionnelle ».

Car Maïté était plus qu’une cuisinière télé. Elle incarnait une époque où la télévision préférait encore les personnalités authentiques aux figures formatées. Une femme populaire, drôle, parfois rugueuse, mais profondément sincère. Et surtout, une Française qui n’a jamais oublié d’où elle venait.