France: la panthéonisation de Marc Bloch fait débat
La France rend hommage ce mardi 23 juin à Marc Bloch. L’historien et résistant exécuté par les nazis en juin 1944 entrera ce soir au Panthéon aux côtés de son épouse, Simonne Vidal. Il s’agit de la première fois dans l’histoire du monument qu’un historien y est accueilli. Annoncée par Emmanuel Macron en 2024, cette panthéonisation est largement saluée par la classe politique, malgré quelques débats.
L’historien français Marc Bloch, soldat et résistant assassiné par la Gestapo pendant la Deuxième Guerre mondiale, entre mardi au Panthéon, nécropole nationale où la France honore ses personnalités au destin exceptionnel, un hommage voulu par le président Emmanuel Macron à « l’homme des Lumières » aux antipodes du « repli identitaire ».
Ce rituel à dimension politique intervient à un an de la présidentielle où le Rassemblement national est donné favori, et alors que l’éventuelle présence de l’extrême droite à la cérémonie a fait débat.
Lors d’une cérémonie solennelle et ouverte au public dans la soirée, Emmanuel Macron va honorer Marc Bloch « à la fois comme héros, combattant de la Résistance, intellectuel engagé et républicain, professeur historien, et comme conscience », a dit le président français au journal Le Figaro.
Les élus RN priés de s’abstenir
La famille avait demandé que l’extrême droite soit « exclue » de la cérémonie, même si certaines invitations sont imposées par le protocole. Marine Le Pen, pour le Rassemblement national, mais aussi une autre figure d’extrême droite et ex-candidate à la mairie de Paris, Sarah Knafo, ont fait savoir qu’elles seraient absentes.
L’ensemble des responsables politiques partagent la même position, rapporte Charlotte Urien-Tomaka, du service politique. Les députés saluent la démarche comme un hommage à l’une des grandes figures intellectuelles et morales du XXᵉ siècle. La cérémonie suscite toutefois quelques débats. Les dirigeants et élus du RN, en particulier, se sont insurgés contre la demande des descendants du résistant.

« On le regrette d’autant plus qu’il y a une petite manipulation, affirme Philippe Ballard, député du parti à la Flamme, parce qu’on sait très bien que les Français qui ont arrêté Marc Bloch en 1944 avant de le livrer aux nazis, c’étaient des anciens militants communistes. Donc des fois, il faut quand même regarder l’histoire en face. »
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Argument repris sur X (ex-Twitter) par le chef du Rassemblement national, Jordan Bardella. « Marc Bloch a été dénoncé par Francis André, qui milita pour le Parti communiste français dans les années 30 avant de suivre l’un de ses dirigeants, Jacques Doriot, au sein du Parti populaire français [PPF]. » En réalité, après avoir été exclu du Parti communiste, Jacques Doriot avait fondé en 1936 le PPF, qui a pris une tournure raciste et antisémite avant de devenir un parti collaborationniste. Tortionnaire à la solde de la Gestapo lyonnaise, proche de Klaus Barbie, Francis André a été arrêté une semaine après l’armistice et fusillé en 1946.
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