Elle est retrouvée au fond d’un puits

Le secret du puits à Targer et l’ombre du camping de Gast
À Target dans la Vienne, Alice, 29 ans, partage sa vie avec Sébastien de 3 ans son aîné. Ensemble, ils sont parents de deux enfants, Camille, 5 ans et Benjamin, âgé de seulement quelques mois. Si cette famille semble d’apparence unie, la réalité est tout autre. L’harmonie du couple n’est plus au beau fixe et Sébastien mène une double vie. Une situation compliquée qu’Alice vit très mal. Mais alors que le couple est au bord de la rupture, tout bascule le 10 octobre lorsqu’Alice est retrouvée au fond d’un puits avec ses deux enfants. Et les causes de ce drame font froid dans le dos. Immédiatement, elle explique qu’elle a tenté de se suicider et d’emporter avec elle ses deux enfants compte tenu des difficultés de couple qu’elle rencontre depuis un certain temps avec son mari.
À Gast, dans les Landes, une petite fille passe des vacances paisibles avec ses parents au camping, mais son été va soudain tourner au drame. Elle accuse un homme de s’être livré à des attouchements sur elle. Cette personne, c’est Jean-Claude que tout le monde surnomme Calou. Il a 71 ans et malgré un passé compliqué, il a réussi à devenir une véritable personnalité du camping appréciée de tous. Cette accusation fait ainsi l’effet d’une bombe et vous allez voir que les langues vont rapidement se délier et de lourds secrets vont être révélés au grand jour. Il mettait en place une relation de confiance d’abord avec les adultes référents et notamment les parents avec lesquels il était ami, qui naturellement allaient lui confier leurs filles. Les parents ne pouvaient pas imaginer qu’il mette à profit cette relation de confiance pour agresser sexuellement les enfants.
À dans la Vienne, Chantal tente de se reconstruire après son divorce. Cette mère de trois enfants est en effet très fragile depuis le départ de son mari. Placée sous curatelle pour soucis psychologiques et financiers, Chantal tente peu à peu de reprendre goût à la vie. Mais rien ne va se passer comme prévu. Le 21 janvier, la femme de 45 ans est retrouvée morte à son domicile et cela ne fait aucun doute : elle a été assassinée. Ils vont découvrir une scène assez effroyable, c’est-à-dire le corps de Chantal. Elle est attachée avec une ceinture à la barre de soutien qui est prévue puisque ce sont des toilettes handicapées. Et elle est également vêtue de manière assez inhabituelle, c’est-à-dire qu’elle porte une guêpière et un masque sur les yeux, et elle a les mains également qui sont menottées.
Et pour commencer cette émission, partons à Targer, un petit village de 900 habitants situé dans le département de la Vienne. Alice et Sébastien semblent avoir tout pour être heureux. Ils sont parents de deux enfants, Camille, 5 ans et Benjamin, âgé de seulement quelques mois. Mais en réalité, le couple traverse depuis quelque temps des difficultés. Sébastien a rencontré quelqu’un d’autre et semble de plus en plus échapper à Alice. Et cette famille va totalement voler en éclats en octobre. Ce jour-là, les forces de l’ordre sont averties d’un terrible drame. Une femme appelle à l’aide du fond d’un puits. Elle s’y trouve presque sous l’eau avec ses deux enfants. Les forces de l’ordre sont averties d’un drame qui semble s’être déroulé à Target, une petite commune pas très loin de Châtellerault dans la Vienne.
Une fois qu’ils arrivent sur place, ils vont pénétrer dans une propriété, s’apercevoir qu’il y a un puits et que de ce puits émanent des cris, des cris d’une femme qui appelle à l’aide, au secours. Cette femme se trouve à 15 ou 20 mètres peut-être en contrebas dans le puits, dans l’eau. Elle leur explique être avec ses deux enfants. Les policiers se précipitent et puis ils font avec les moyens du bord. C’est-à-dire qu’ils trouvent une corde qui est là, ils essayent de faire des nœuds à la corde, ils lancent la corde pour que la personne dans le puits puisse s’en saisir. Et puis ils appellent bien entendu tout de suite les pompiers. Mais la corde se révélera trop courte et fort heureusement, il y a un tuyau d’arrosage qui, lui, est suffisamment long. Ils vont le jeter à Alice, la personne qui se trouve au fond du puits, qui va pouvoir le mettre autour de sa taille et puis être maintenue comme ça hors de l’eau jusqu’à l’arrivée des pompiers. Ils extraient tout d’abord le petit qui est en bonne santé, qui ne porte pas de traces de blessures. La petite fille ensuite, Camille, qui est en arrêt cardiaque. Une opération très délicate dans un puits profond d’une vingtaine de mètres et large d’à peine 1 mètre. Et puis en dernier, c’est donc Alice que l’on ressort, qui a autour d’elle toute une couverture, un manteau. Elle est bien sûr blessée, a des ecchymoses. Elle est restée longtemps dans cette eau froide donc évidemment elle n’est pas totalement indemne. Elle est épuisée, elle est évidemment en état de choc et puis elle est surtout en hypothermie.
Alice, 29 ans, est née et a grandi à Mantes-la-Jolie en région parisienne. C’est une jeune femme qui est fille unique, qui a été élevée dans une famille où les parents, notamment le père, travaillent avec un poste à responsabilité, un niveau de vie sur le plan matériel relativement confortable. Elle était un peu enfant roi. Elle a grandi dans un environnement stable, une mère très aimante, un père très aimant. C’est une jeune femme qui a suivi une scolarité à peu près normale, obtenant les diplômes qu’elle visait, qui est parvenue à trouver du travail. Elle avait un métier de secrétaire, d’assistante. D’ailleurs, elle s’est réalisée dans son métier d’une façon tout à fait convenable. Elle avait des relations de travail qui étaient absolument convenables aussi. On n’a pas notion d’une personne qui poserait des difficultés avec ses collègues. Voilà, on a une personnalité qui est finalement assez lisse. Ses amis la décrivent comme une personne sociable, sympathique, assez enjouée.
C’est à l’âge de 18 ans qu’Alice rencontre Sébastien, de 3 ans son aîné. Ils s’installent ensemble dans le département de la Vienne en 2007. Ils deviennent alors les parents de Camille. S’ils ont tout pour être heureux, leur couple est en réalité loin d’être solide. Alice, c’est une jolie femme mais qui était à cette époque-là en surpoids, qui avait un problème, un vrai problème de surpoids, et c’est d’ailleurs un reproche que lui faisait son mari. Il y a cette histoire de surpoids que son mari lui jette au visage assez fréquemment en lui expliquant qu’elle n’est pas désirable parce que ça l’a énormément grossie, qu’elle fera des efforts assez substantiels pour perdre du poids. Et puis elle va aller encore plus loin puisque celui-ci semble avoir quelques appétences pour des fantasmes dans la vie intime. Pendant un temps, elle acceptait que son mari ne soit pas fidèle sur le plan sexuel à partir du moment où elle était informée de cela. Mais en octobre 2011, après une bonne dizaine d’années de vie de couple, elle apprend par son mari que celui-ci a une maîtresse. Jusque-là, elle avait fermé les yeux parce que bon, elle avait bien compris qu’entre ses aventures et son mari, il n’y avait pas de vrai lien affectif. Tandis que là, avec la maîtresse, c’était totalement différent. Le mari était tombé amoureux de cette femme. La situation est assez compliquée pour elle parce qu’à ce moment-là, elle est déjà enceinte de leur deuxième enfant et il y a un projet d’achat de maison. Alors se pose la question de mettre tout ça en standby, et puis finalement ils prennent la décision de continuer. Elle va tenter de faire tous les efforts pour conserver son mari, d’abord pour essayer de le sortir des griffes de sa maîtresse, mais cela ne fonctionne pas. Ce qui pose difficulté, c’est que celui-ci ne parvient pas à cesser cette relation extraconjugale. Une première séparation va intervenir au début du mois de janvier pour une quinzaine de jours. Il revient au domicile conjugal et puis il repart, et puis il revient. Il était plus ou moins en garde alternée. Il dormait un soir chez l’une, un soir chez l’autre. Le mari est fuyant. Il fuit ses responsabilités manifestement. Il n’assume pas véritablement. Un jour c’est oui, un jour c’est non. Il est certain que dans la psychologie d’Alice, ça a dû être compliqué pour elle. C’est dans cette instabilité familiale qu’Alice donne naissance en 2012 à leur second enfant, Benjamin. Mais malgré la venue de cet enfant, en réalité rien ne change vraiment. En fait, le mari s’est détaché de sa femme depuis déjà un petit moment. Elle avait sans doute rêvé d’une vie comme beaucoup de petites filles, c’est-à-dire avoir un mari, avoir des enfants, avoir une maison. La difficulté, c’est que ce rêve, bien qu’il fût devenu réalité, était si profondément ancré en elle que lorsqu’il a commencé à lui échapper, elle n’a pas pu l’accepter.
Alors Alice a-t-elle voulu mettre fin à ses jours ? C’est ce que vont tenter de découvrir les enquêteurs en ce 10 octobre. Après avoir réussi à remonter la mère de famille et ses deux enfants, les pompiers s’empressent de leur apporter les premiers soins. La fillette est en arrêt cardiaque et malgré les efforts du SAMU, elle décède sur place. Le deuxième enfant, qui est un nourrisson âgé de à peine 5 mois, est en état d’hypothermie mais ne présente pas de blessures graves. Alice, elle est étonnamment lucide quand elle sort du puits. Elle va tenir immédiatement des propos assez précis. Immédiatement, elle explique qu’elle a tenté de se suicider et d’emporter avec elle ses deux enfants compte tenu des difficultés de couple qu’elle rencontre depuis un certain temps avec son mari. Elle dit qu’elle a tué sa fille, elle donne l’impression, je dirais, qu’elle s’en veut beaucoup et surtout, elle dit que la prochaine fois, elle ne se ratera pas. Le père va arriver sur place tardivement, c’est-à-dire après que les enfants et son épouse ont été sortis du puits et évacués à l’hôpital. Et il arrive parce qu’il a pris connaissance sur son téléphone portable de messages et SMS que lui avait envoyés sa femme. Au départ, on est dans la menace. Elle va expliquer que s’il ne revient pas très très rapidement, il n’y aura plus ni femme, ni enfant, ni famille. Elle va lui laisser un message au terme duquel elle lui dit : “Ça pue la mort ici.” Et puis un petit peu plus tard, elle lui dit : “J’ai déjà assommé Camille.” Et puis elle réitère : “Si tu n’arrives pas rapidement, il n’y aura plus ni femme, ni famille, ni enfants.” Lorsqu’il se présente à son propre domicile, il n’y a pour ainsi dire plus personne d’autre que les enquêteurs. Cet homme est dévasté, dévasté dans la compréhension complète. Il ne pouvait pas imaginer un seul instant que la mère de ses enfants s’en prenne à ses enfants.
Pendant que le père de famille est pris en charge, les policiers font le tour de la propriété à la recherche d’indices. Lorsqu’ils vont approcher du puits, ils vont trouver des objets qui a priori n’ont pas de raison de s’y trouver. On va retrouver son téléphone portable ainsi qu’un chapelet et une icône religieuse. Et puis aux abords de celui-ci, on découvre une bouteille de vodka vide. Sur le chemin entre la maison et le puits, on retrouve donc une poêle avec un manche cassé. On retrouve du sang qui a ripé sur la carrosserie de la voiture. À l’intérieur du domicile, les enquêteurs vont dans la chambre du nourrisson et là, ils vont trouver de nouveau une poêle et un rouleau de scotch à proximité du lit de l’enfant. Les premiers éléments d’enquête de voisinage vont révéler que aux alentours de 15h30, la voisine la plus proche a entendu des cris, des cris stridents qu’elle a imaginé émaner de l’enfant du couple de voisins, Camille. Et puis ensuite cette voisine fait état de bruits sourds. Elle indique qu’elle s’est arrêtée dans ce qu’elle faisait et manifestement c’étaient des cris qui n’étaient pas des cris d’enfants qui jouent. Non non, ce n’était pas ça du tout. Elle rapporte que les cris de l’enfant auraient pu correspondre aux phrases : “Je ne veux pas, non” ou bien “Papa, non”. Sans surprise, lorsque l’autopsie de l’enfant va être réalisée, il sera indiqué qu’elle est décédée par asphyxie liée à une immersion dans l’eau. On peut parler plus simplement de noyade. Pendant qu’Alice est hospitalisée en soins psychiatriques, les enquêteurs auditionnent les proches. Ce sont toutes des femmes qui la connaissent depuis suffisamment longtemps et qui vont expliquer qu’il n’était pas imaginable pour aucune d’entre elles qu’elle puisse passer à l’acte, en tout cas qu’elle puisse s’en prendre à ses enfants, parce que l’idée qu’elle puisse s’en prendre à elle-même est quelque chose qu’elles pouvaient percevoir toutes. Ses amies voient qu’elle bascule dans une sorte de, je ne sais pas, de paranoïa, avec une violence qui s’extériorise dans ses messages, dans la façon dont elle parle de son mari, de cette maîtresse. Enfin, une volonté vraiment de leur faire du mal, et ça remonte déjà à 3 mois avant les faits eux-mêmes.
Et puis tout ceci va de plus en plus fort. Le point d’orgue, c’est quand le mari, le 5 octobre, annonce qu’il s’en va et il va vivre avec la maîtresse. 5 jours avant le crime, Alice rentre d’un voyage de travail. Son mari vient la récupérer et presque de but en blanc lui explique que ce n’est plus possible de continuer comme ça. Le mari, le seul moment où vraiment il prend une décision, c’est le 5 octobre et là il prend vraiment la décision. Il dit : “C’est fini” et c’est là qu’on passe donc à autre chose. Elle était très investie auprès de son mari et puis s’était fait un idéal de sa famille, ce qu’elle appelait le cocon familial. Non seulement elle n’acceptait pas cette séparation, mais en plus il y avait une sorte d’humiliation par rapport à cette femme en fait, la maîtresse. Émilie, la nouvelle compagne de Sébastien, alerte immédiatement les secours. Alice restera une nuit à l’hôpital. Alice prend ce jour-là des cachets mais elle sait qu’elle n’en prend pas suffisamment pour se donner la mort, et elle fait sciemment un appel au secours. Elle va de nouveau avoir des difficultés puisqu’elle cherche à entrer en relation avec son mari, n’y parvient pas comme elle le souhaiterait. Elle va de nouveau avoir des idées noires et cette fois elle va nourrir le projet d’aller sur le terrain de son adversaire si l’on peut dire, c’est-à-dire chez sa maîtresse. Alors elle va s’équiper, elle va prendre du carton, du sopalin et puis du produit inflammable. Son idée était de s’immoler par le feu devant le couple pour leur montrer à quel point ils l’avaient détruite. Le jour où elle se rend au domicile de sa maîtresse, où se trouve son mari, il va y avoir cette bagarre physique avec son mari. C’est la compagne, la maîtresse, qui appelle les secours qui vont donc arriver sur place et sur ces entrefaites trouver le couple en train de se livrer à ce pugilat. Alice, elle va de nouveau faire l’objet d’une hospitalisation et puis le lendemain, le 9 octobre, on va se poser la question de savoir si on la garde à l’hôpital, mais finalement la décision sera prise de la laisser ressortir. Et effectivement, puisqu’elle est fragile psychologiquement, plutôt que de la laisser regagner son domicile seule, elle va aller chez ses parents. Le matin même du 10, elle passe la matinée avec ses parents et les parents ne notent pas, disons, un comportement particulier. Elle part donc de chez ses parents vers 14h et là, elle part à son domicile avec les enfants. Il n’y a rien qui laisse suspecter quoi que ce soit.
Avant de l’auditionner, les policiers de Châtellerault décident d’analyser les communications téléphoniques d’Alice le jour du drame. Elle laisse un certain nombre de messages téléphoniques à son mari, à ses parents aussi. Et bien elle indique qu’elle a précipité la petite. Son mari dira qu’il entendait les cris du petit derrière, pas de Camille qui elle était déjà en réalité au fond du puits. Donc il faut imaginer cette mère de famille qui est assise au bord du puits avec un enfant, son enfant qu’elle a précipité dans le puits après l’avoir frappé violemment et qui continue de passer des coups de téléphone pour dire : “Attention, moi aussi je vais sauter.” Et elle appelle qui ? Sa meilleure amie, parce qu’elle sait très bien que tout de suite la meilleure amie va prévenir la police. 16h04, son dernier coup de fil. Ensuite 16h10, la police arrive et je pense qu’elle s’est précipitée dans le puits juste avant. Les enquêteurs se demandent également si la mère de famille était dans un état second au moment des faits. Il y a une expertise toxicologique qui va être pratiquée sur Alice. Elle révélera la présence, mais uniquement dans des doses classiques, dans des doses thérapeutiques, de médicaments de type anxiolytiques ou autres délivrés par un médecin dans le cadre des différentes hospitalisations qu’elle a pu subir dans les jours précédents. Elle n’était pas sous l’emprise de médicaments à dose extraordinaire. Ce que disent les experts, c’est que ça correspond très clairement aux prescriptions qui lui avaient été données. Elle est hospitalisée pendant 13 jours après avoir été extraite du puits et sa garde à vue n’interviendra qu’après ce délai d’hospitalisation de près de deux semaines.
Dans le cadre de cette garde à vue, elle explique d’abord qu’il y a eu un élément déclencheur à cet acte criminel. C’est le fait de réécouter un message qui remonte à plusieurs jours auparavant. Et ce message a été laissé sur son répondeur par sa rivale, par la maîtresse de son mari, qui lui dit en substance, puisqu’elle venait d’appeler les secours après une tentative de suicide faite par Alice, qui lui dit en substance : “Écoute-moi, tu peux crever. J’ai fait ce que j’avais à faire, comprends, j’ai appelé les secours. Maintenant le reste n’est plus de mon ressort, crève, mais surtout fous-nous la paix.” Alice tente alors de joindre son mari Sébastien à de multiples reprises, en vain. Ne parvenant pas à joindre son mari, elle se frustre de plus en plus et elle est dans une colère, elle parlera de rage, une colère de plus en plus grande. Il y a une espèce de montée comme cela où elle va basculer dans une forme de folie. C’est-à-dire, c’est quelqu’un qui est tout d’abord dans un état de grande tristesse, d’un état de souffrance terrible et elle a envie de faire quelque chose de plutôt spectaculaire, de lui nuire également, de rendre l’ascenseur, je dirais, à ce mari finalement qui la malmène, et mes enfants se trouvaient au mauvais moment au mauvais endroit. Alors l’idée, elle explique qu’elle vient, qu’elle s’impose à elle et qu’elle se réalise immédiatement. C’est-à-dire que de suite elle dit : “Je vais demander à ma fille de sortir dehors avec moi pour faire un jeu.” Et d’ailleurs, elle a ce détail en disant que la petite Camille était très heureuse finalement parce qu’elle allait jouer avec sa maman. Elle va l’amener près du puits. Elle va lui bander les yeux avec un torchon ménager et puis elle va la laisser ici, rentrer dans la maison chercher une poêle. Elle va avoir cette idée pour que sa fille ne souffre pas de l’assommer. Donc elle l’assomme violemment mais elle ne perd pas connaissance, la petite fille manifestement puisqu’une voisine l’entend pousser des cris intenses. Elle va frapper une première fois, constater que l’on n’est pas à la télé et qu’un coup de poêle ça ne va pas nécessairement assommer celui qui va le recevoir. Elle va frapper une deuxième fois sa fille et ça ne fonctionne pas plus. Et puis ne parvenant pas à assommer sa fille, elle va la jeter dans le puits. Et alors que la petite est encore consciente, elle explique qu’elle va retourner dans la maison chercher son fils qui se trouve dans sa chambre et puis elle va l’emmener près du puits et se jeter avec lui au fond. Et elle va dire d’ailleurs que cette chute dans le puits et probablement le contact avec l’eau froide vont évidemment avoir un effet de choc sur elle qui va d’une certaine façon la réveiller. La première chose qu’elle fait, c’est de mettre rapidement en sécurité au niveau de sa poitrine son nourrisson et puis avec une main de tenter de retrouver son enfant. Et elle va très rapidement toucher les cheveux, les longs cheveux de sa fille et donc la sortir de l’eau, en tout cas essayer de sortir son visage de l’eau pour qu’elle puisse respirer. Elle dira : “J’ai essayé de lui appuyer sur le ventre pour faire sortir l’eau.” Donc elle va essayer de réanimer sa fille en vain.
À l’issue de sa garde à vue, Alice est mise en examen pour meurtre aggravé sur sa fille et tentative de meurtre sur son fils, puis placée en détention provisoire. Tout l’enjeu du procès, c’est de comprendre comment une femme peut en arriver, une maman peut en arriver à faire une chose pareille, comment elle peut se venger de son mari en réalité et ensuite quelle compréhension elle avait de cela. Sur le banc des parties civiles, Sébastien au bras d’Émilie fait face à son ex-femme. Imaginez ce qu’a vécu cet homme ? C’est le pire cauchemar qu’on puisse concevoir : allumer votre portable et vous réalisez que votre femme est en train de tuer vos enfants. C’est une ambiance qui est chargée d’émotion. On a un père de famille qui est partie civile avec sa famille, donc qui est là. Pour eux, revivre évidemment tout cela, c’est épouvantable. On a une accusée qui est très silencieuse, très effacée, qui répond aux questions qu’on lui pose. Alice prend ses responsabilités. Ce faisant, elle ne rejette la faute sur personne. Elle considère que rien ne pourra jamais permettre qu’elle soit pardonnée pour cela. Elle explique par ailleurs que le comportement qu’elle a eu, qu’elle qualifie elle-même de harcèlement à l’égard à la fois de son ex-mari désormais, à la fois de la maîtresse de celui-ci, est quelque chose qu’elle n’aurait pas dû faire et qui a sans doute contribué à ce drame. On pourrait penser à un suicide altruiste, c’est-à-dire de penser à ses enfants, de penser à leur sort et de se dire que finalement le fait de se suicider mais en même temps d’emporter ses enfants avec elle, ça éviterait finalement de les laisser orphelins. Alors que ici ce n’est pas réellement le cas puisqu’il y a cette volonté de faire du mal à son mari qui lui fait du mal. J’ai donc requis 15 ans de réclusion criminelle, qui m’apparaissaient être la sanction qui tenait compte à la fois de la gravité des faits mais aussi du fait que cette personne n’avait jamais été condamnée par la justice. Je me souviens en particulier de sa dernière déclaration bien entendu. On donne la parole en dernier à l’accusé et elle a fait preuve d’un certain détachement tout en disant qu’elle regrettait et qu’il était normal quelque part qu’elle paye. Le père n’avait pas d’attente particulière. Évidemment, le père a ressenti un sentiment de culpabilité, même s’il sait qu’il y a une distance tellement grande entre ce qu’on lui a reproché comme inconduite conjugale et les faits qui se sont déroulés. Les jurés suivent les réquisitions et Alice est condamnée à 15 ans de réclusion criminelle. Mais le père est effondré de toute façon. Il est effondré. C’est sûr que c’est le malheur de sa vie, c’est-à-dire que ce qu’elle cherchait à faire, elle l’obtient. Finalement, le père est traumatisé jusqu’à la fin de ses jours, depuis la mort de sa fille, il vit comme un mort-vivant. Et puis on ne passe pas à autre chose. On continue. On continue parce que les stigmates du drame, il va les porter pour toujours, il va les subir pour toujours et jamais cela ne cessera.
De retour sur le plateau de Crime qui ce soir est donc installé en Poitou-Charentes et nous prenons désormais la direction de Gast dans les Landes où se trouve un camping familial. Nous sommes en plein mois d’août, la saison estivale bat son plein et parmi les campeurs, il y a Chloé, 11 ans, venue en vacances ici avec ses parents. L’ambiance est bon enfant dans ce camping et le personnage incontournable, c’est Jean-Claude, dit Kalou. Et ce jour-là, l’homme de 71 ans partage après la baignade un apéritif avec les parents de Chloé et il leur propose même d’amener leur fille faire une balade en moto. Les parents acceptent mais à son retour, Chloé n’est pas bien. Elle explique alors aux parents que Kalou l’aurait agressée sexuellement. La ville de Gast effectivement est prisée par les voyageurs, ceux qui aiment bien notamment avec un camping-car pouvoir vivre à un endroit puis à un autre. Et un jour, une enfant qui s’appelle Chloé était en vacances à Gast au camping. Elle se baignait avec des amis dans le lac et il y avait une personne surnommée Calou qui participait aux jeux avec les enfants en les mettant sur ses épaules, les faisant tomber dans l’eau, les projetant dans l’eau. C’était une ambiance familiale. C’est un camping familial. Il y a une aire pour les camping-cars. Les gens se connaissaient, venaient chaque année à la même époque au camping, avaient tissé des relations d’amitié et faisaient des apéritifs ensemble, partageaient des repas ensemble et ce fameux Calou était apprécié de tous et de chacun. Les parents lui faisaient confiance, les enfants l’aimaient beaucoup. Par la suite, il va proposer à Chloé de faire un tour de scooter. Et lorsqu’elle va revenir de ce tour de scooter avec Jean-Claude, elle va parler, elle va se plaindre à son père du fait qu’à cette occasion-là, le dénommé Calou se serait livré à des attouchements sur sa personne. Le père en fait part à l’employé municipal, la police municipale qui donnera ces informations-là à la gendarmerie.
Âgé de 71 ans, Jean-Claude a grandi à Marseille, près du vieux port dans des conditions effroyables pour un enfant. C’était juste après la Deuxième Guerre mondiale, donc vite après la libération. Sa mère était une prostituée. Il vivait donc dans un établissement de prostitution et il vivait avec sa mère dans cet établissement. Et donc ses parents étaient séparés et ses premières années, il les aurait passées dans un lieu de prostitution du vieux port à Marseille. Il va ensuite vivre avec son papa, mais les relations sont très mauvaises avec son père. Si bien que, ne s’entendant pas avec son père et sa belle-mère, il va précipiter son appel et va partir 3 années plus tôt pour servir l’armée de l’air pendant quelques années. Au niveau de la scolarité, c’est assez pauvre. Il arrête la scolarité très tôt, il s’en sort quand même avec un CAP d’horlogerie et finalement quand il sort de l’armée, sa vie va être marquée d’énormément de petits boulots. Il va être employé de cirque, il va être docker, il va travailler dans une boîte de publicité, il va toucher un petit peu à tout et son mode de vie va être à peu près calé sur ça. C’est-à-dire qu’il va beaucoup bouger, il va jamais rester très longtemps au même endroit. En 1970, Jean-Claude se met en couple avec Marcelle, sa première femme, et de ce mariage naît une fille. Mais Calou est plus souvent sur les routes qu’auprès de sa famille. Et un jour, il n’est plus du tout revenu et ni sa fille ni son épouse n’ont eu de nouvelles. Il a complètement disparu des écrans radars. Puis ensuite, il a rencontré une personne qui était elle-même séparée et qui avait des enfants. Puis qui a eu des petits-enfants, et il s’est occupé des petits-enfants et notamment des petites filles qui l’identifiaient comme étant leur grand-père. Ils vont rester 40 ans ensemble. Il tombe d’emblée éperdument amoureux d’elle. Ils vont vivre cette vie de voyageurs et ils vont rester ensemble jusqu’à ce que malheureusement elle décède d’une très longue maladie. Désormais veuf, Jean-Claude choisit de s’installer à l’année sur l’aire de camping de Gast. Il vit dans une caravane, il sort pas, il va pas au cinéma, il va pas au théâtre, il ne lit pas. On n’a pas l’impression qu’il est même au courant de l’actualité. Il est décrit comme quelqu’un qui n’est pas du tout intégré socialement, qui a été très itinérant, qui a travaillé dans des cirques et cetera, ce qui n’a pas permis de construire une dimension culturelle importante.
Devenu personnage emblématique du camping, Kalou est apprécié de tous jusqu’à l’été 2014 et les accusations de Chloé, 11 ans. Et elle va raconter cet épisode où, à la suite de l’apéritif, ils vont avec Jean-Claude faire un tour de scooter et à deux reprises, il la touche au niveau de la culotte. Donc les gendarmes vont poursuivre leur enquête par une enquête de voisinage et il va en ressortir l’image qu’il a sur cette aire de camping. C’est un peu le papi du camping. Il est serviable, il est jovial, il est toujours prêt à rendre service. Donc de manière générale, il est très apprécié au niveau de cette aire de camping de Gast. Les gendarmes ont laissé leurs coordonnées aux différents parents et après qu’ils soient partis et quelque temps après, une des enfants qui s’appelle Victoria a pris contact avec la gendarmerie pour expliquer qu’elle-même avait été victime d’attouchements. Tout juste âgée de 17 ans, Victoria a l’habitude de passer ses étés au camping de Gast avec ses parents. Devant les gendarmes, elle explique avoir été agressée par Jean-Claude en 2008, soit 6 ans auparavant. Elle joue avec ses amis dans la
Disclaimer : This content may be created by AI for entertainment purposes. Any resemblance to real persons, events, or places is coincidental.