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Disparition de Lyhanna à Fleurance : un suspect en garde à vue, une enquête ouverte pour enlèvement et séquestration, la fillette toujours introuvable

Disparition de Lyhanna à Fleurance : un suspect en garde à vue, une enquête ouverte pour enlèvement et séquestration, la fillette toujours introuvable

Lors d’une conférence de presse, la procureure de la République d’Auch a présenté, ce dimanche 31 mai, le déroulement de l’enquête et des recherches concernant la disparition de Lyhanna, 11 ans, introuvable depuis le vendredi 29 mai. Un suspect a été interpellé.

Disparition inquiétante de Lyhanna, 11 ans : le suspect a été mis en examen  et placé en détention provisoire - centrepresseaveyron.fr

Le paisible bourg de Fleurance, une commune de 6 000 habitants située dans le département du Gers, à environ 80 kilomètres à l’ouest de Toulouse, traverse une période de profonde détresse et de sidération. Depuis le vendredi 29 mai, la jeune Lyhanna, une collégienne âgée de seulement 11 ans, s’est volatilisée à la sortie des cours. Face à l’absence totale de signes de vie et après l’élimination rapide de l’hypothèse d’une fugue par les autorités judiciaires, l’enquête a pris une tournure résolument criminelle. Un homme de 41 ans, proche de l’entourage familial de la victime, a été interpellé, placé en garde à vue, puis mis en examen à Agen pour des chefs d’accusation d’enlèvement et de séquestration. Malgré cette avancée majeure dans les investigations de la gendarmerie, le mystère reste entier quant à la localisation de l’adolescente, déclenchant une course contre la montre respirant l’angoisse et l’urgence absolue.

Le fil des événements : une disparition soudaine à la sortie du collège

Les faits remontent au vendredi après-midi, aux alentours de 15 heures. Lyhanna vient de terminer sa journée scolaire au collège local de Fleurance. Selon les témoignages recueillis par les enquêteurs et confirmés par les autorités judiciaires, la jeune fille a été vue pour la dernière fois alors qu’elle montait à bord d’un véhicule stationné devant l’établissement. Au volant de cette voiture se trouvait un homme de 41 ans, un père de famille résidant dans la région et bien connu de la jeune fille ainsi que de ses parents.

Ne voyant pas l’adolescente rentrer au domicile familial, l’alerte a immédiatement été donnée par ses proches. Très rapidement, le parquet d’Auch s’est saisi de l’affaire, déployant les premiers dispositifs de recherche d’urgence. Dès le lendemain, le samedi, les enquêteurs de la gendarmerie procédaient à l’interpellation du conducteur du véhicule, le plaçant immédiatement en garde à vue pour obtenir des clarifications sur l’emploi du temps de la jeune fille.

Des justifications incohérentes au mutisme devant les juges d’instruction

Lors de ses premières auditions face aux enquêteurs de la gendarmerie et sous l’autorité de la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, le suspect a tenté de fournir une explication aux événements de l’après-midi du vendredi. L’homme a affirmé avoir effectivement pris la fillette dans sa voiture, mais a prétendu l’avoir déposée peu de temps après à la piscine municipale de Fleurance. Toutefois, ces déclarations ont rapidement été balayées par les magistrats, qui les ont qualifiées publiquement d’« incohérentes et imprécises », aucun élément technique ou témoignage tiers ne venant corroborer la présence de Lyhanna aux abords du complexe nautique.

Lundi soir, le dossier a été transféré au pôle judiciaire d’Agen, compétent pour les affaires criminelles de cette gravité. Présenté devant un juge d’instruction, le quadragénaire a radicalement changé de stratégie de défense en choisissant de s’enfermer dans un silence absolu. Comme l’a précisé le procureur de la République d’Agen, Olivier Naboulet, le suspect a fait valoir son droit au silence, refusant de s’exprimer ou de répondre aux questions lors de son interrogatoire de première comparution.

En dépit de ce mutisme, le magistrat instructeur a estimé qu’il existait des « indices graves ou concordants » rendant hautement vraisemblable sa participation directe aux faits. L’homme a ainsi été officiellement mis en examen pour enlèvement et séquestration d’une mineure de moins de 15 ans, avant d’être placé en détention provisoire au sein d’un établissement pénitentiaire de la région.

Les liens complexes entre le suspect et la famille de la victime

L’une des dimensions les plus troublantes de cette affaire réside dans la proximité préexistante entre le mis en cause et la famille de Lyhanna. Selon les déclarations faites par le père de la disparue aux agences de presse, les deux familles se connaissent depuis de nombreuses années. La fille du suspect est une amie proche et une camarade de classe de Lyhanna, scolarisée dans le même établissement secondaire de Fleurance.

Cependant, des révélations issues de sources proches du dossier indiquent que des tensions sérieuses étaient apparues récemment entre les deux foyers. Quelque temps auparavant, le suspect avait accueilli à son propre domicile une « soirée pyjama » réunissant sa propre fille ainsi que plusieurs camarades, parmi lesquelles se trouvait Lyhanna. À la suite de cet événement, la jeune victime aurait rapporté à ses parents que l’adulte s’était livré à des contacts physiques ambigus, présentés sous la forme de « chatouilles ». Alertés par ces confidences et saisis de doutes légitimes quant aux agissements et aux intentions du quadragénaire, les parents de Lyhanna avaient pris la décision radicale de rompre définitivement tout contact avec cet homme. L’avocat de la famille, Maître François Roujou de Boubée, a confirmé cette rupture relationnelle tout en rappelant les priorités actuelles de ses clients : « C’est la seule chose qu’on veut, retrouver Lyhanna, le reste n’est qu’accessoire ».

Une couverture de terrain maximale : le déploiement hors norme des forces de l’ordre

Face au silence obstiné du principal suspect, les autorités n’ont d’autre choix que de se focaliser intensément sur les recherches de terrain afin de localiser la jeune fille le plus rapidement possible. Le colonel de gendarmerie en charge des opérations, le colonel de Laforcade, a annoncé l’arrivée en renfort d’un escadron complet de gendarmes mobiles. Ce nouvel apport massif porte les effectifs de sécurité à un total de 170 à 180 personnels militaires entièrement dédiés à cette disparition.

Sur le plan technique et géographique, les opérations de ratissage revêtent un caractère d’« engagement maximal ». Les investigations se concentrent actuellement sur un périmètre élargi autour du bourg de Fleurance, notamment vers les zones boisées situées au sud de la commune ainsi que sur les axes routiers environnants.

  • Recherches aquatiques : Des plongeurs spécialisés de la gendarmerie nationale sondent de manière systématique le cours du fleuve local ainsi que les multiples lacs et plans d’eau de la Lomagne gersoise.

  • Appui aérien : Plusieurs drones de haute technicité ainsi qu’un hélicoptère survolent en permanence la région pour cartographier les zones difficiles d’accès et tenter de repérer des indices visibles depuis le ciel.

  • Équipes cynophiles : Des chiens de piste, spécifiquement dressés pour le pistage et la recherche de personnes disparues, parcourent les sous-bois et les derniers chemins empruntés potentiellement par le véhicule du suspect.

Le commandement de la gendarmerie a insisté sur le fait que le dispositif ne s’inscrivait pas dans une durée limitée : « On fait la mission, maintenir l’effort, c’est ce qu’on doit aux familles, c’est ce qu’on doit à Lyhanna ».

Une communauté locale sous le choc et encadrée par la municipalité

La ville de Fleurance est plongée dans un état de stupeur collective. Dimanche, une première battue citoyenne organisée sous la supervision directe des forces de l’ordre a rassemblé de nombreux habitants volontaires, permettant de collecter certains objets et indices actuellement en cours d’analyse par les techniciens en identification criminelle.

Face à l’immense émotion populaire et au risque de voir naître des initiatives désordonnées, le maire de Fleurance, Gregory Bobbato, s’est exprimé publiquement à la suite d’une réunion d’urgence regroupant une quarantaine d’élus locaux de la communauté de communes de la Lomagne gersoise. L’objectif de ce rassemblement municipal était d’assurer une cohésion parfaite dans la diffusion des informations officielles et de servir d’interface rigoureuse entre la population civile et les forces de sécurité.

Le premier édile a exhorté ses administrés à la plus grande prudence et au respect scrupuleux du travail des enquêteurs : « Les Fleurantains sont sous le choc de l’annonce. Il faut absolument permettre à l’enquête d’avancer sans l’entraver, surtout par des initiatives personnelles ou des recherches autonomes non encadrées ». Les autorités n’excluent pas, dans les jours à venir et sous la stricte validation du procureur de la République, de lancer de nouvelles sessions de recherches citoyennes coordonnées si les nécessités du ratissage l’exigent. Pour l’heure, l’enquête se poursuit activement dans le cadre de la mise en examen criminelle, alors que l’espoir de retrouver Lyhanna saine et sauve reste au cœur de toutes les préoccupations régionales.