Ami fatal : L’assistant de Matthew Perry écope de trois ans de prison pour sa mort

Le rideau est définitivement tombé sur l’affaire judiciaire qui a bouleversé Hollywood et les millions de fans de la série culte Friends. Kenneth Iwamasa, l’assistant personnel de longue date de Matthew Perry, a été condamné par le tribunal fédéral de Los Angeles à une peine de trois ans et cinq mois de prison ferme. Cette sentence marque le point final d’une longue et minutieuse enquête fédérale de près de trois ans, visant à mettre au jour le réseau clandestin de distribution de kétamine qui a conduit à la mort tragique de l’acteur en octobre 2023. À l’âge de 54 ans, celui qui incarnait l’inoubliable Chandler Bing s’était éteint, retrouvé inconscient dans le jacuzzi de sa luxueuse résidence de Los Angeles, victime des effets aigus de cet anesthésiant puissant.
L’émotion était palpable dans la salle d’audience lorsque la juge de district Sherilyn Peace Garnett a prononcé le verdict. Pour la famille de Matthew Perry, ce moment représentait l’aboutissement d’un douloureux combat pour la vérité. Kenneth Iwamasa, aujourd’hui âgé de 60 ans, avait plaidé coupable dès le mois d’août 2024 d’un chef d’accusation de conspiration en vue de distribuer de la kétamine ayant entraîné la mort. En plus de sa peine d’emprisonnement, il a été condamné à deux ans de liberté surveillée et à une amende de 10 000 dollars. Les procureurs ont brossé le portrait d’un homme qui, loin d’être un simple exécutant, a joué un rôle central et actif dans la rechute de l’acteur et dans sa descente aux enfers.

La chute de Matthew Perry à l’automne 2023 s’est déroulée dans le secret le plus total, orchestrée par ceux-là mêmes qui auraient dû le protéger. L’acteur, qui n’avait jamais caché ses combats incessants contre ses addictions, suivait initialement une thérapie légale et médicalement encadrée à base de kétamine pour traiter sa dépression. Cependant, lorsque les médecins officiels ont refusé de lui administrer des doses plus élevées, l’acteur s’est tourné vers son assistant personnel pour obtenir la substance par des voies détournées. Kenneth Iwamasa, qui vivait sous le même toit et percevait un salaire annuel de 150 000 dollars pour veiller sur la star, est alors devenu son intermédiaire, son logisticien et, de manière plus terrifiante encore, son faux médecin.
Les documents judiciaires révélés au cours du procès décrivent une situation d’une imprudence et d’un cynisme inouïs. Sans aucune formation médicale ni compétences sanitaires, Kenneth Iwamasa a accepté d’apprendre à injecter lui-même le produit à l’acteur. Au cours des semaines précédant le drame, l’assistant a administré des dizaines de doses de kétamine à Matthew Perry. Rien que dans les jours précédant sa mort, le rythme s’est intensifié de manière dramatique, l’assistant effectuant au moins 27 injections, dont trois pour la seule journée fatidique du 28 octobre 2023. Selon les aveux de l’accusé, la dernière demande de l’acteur consistait à lui préparer une « grosse dose » juste avant qu’il ne s’installe dans son jacuzzi.
Plus glaçant encore, l’enquête a démontré que Kenneth Iwamasa était parfaitement conscient des risques immenses qu’il faisait courir à son employeur. À deux reprises avant le jour mortel, l’assistant avait retrouvé Matthew Perry totalement inconscient à son domicile après une injection. Il avait également été le témoin direct de crises de paralysie où l’acteur se figeait, incapable de parler ou de bouger. Malgré ces signaux d’alarme évidents et les avertissements explicites d’un professionnel de la santé, Iwamasa a choisi de dissimuler la situation à la famille et aux proches de l’acteur, maintenant Matthew Perry dans un isolement total pour préserver son propre statut et le confort matériel que lui procurait cette position.
La famille de Matthew Perry a exprimé sa profonde déception et sa colère face à ce qu’elle qualifie de trahison ultime. Dans des déclarations d’impact lues devant le tribunal, la mère de l’acteur, Suzanne Morrison, ainsi que ses sœurs, ont partagé leur immense douleur. Elles ont décrit le sentiment d’avoir accordé leur confiance à un homme sans conscience, qui a choisi de nourrir l’addiction de son compagnon de vie plutôt que de lui tendre la main. Pour la famille, Iwamasa a profité de la vulnérabilité extrême de Matthew Perry pour s’assurer une emprise totale sur son quotidien. Sa sœur Madeline a même accusé l’assistant d’avoir lâchement abandonné l’acteur à une mort certaine dans son bain à remous après lui avoir injecté la dose de trop.
Prenant la parole avant l’énoncé de sa peine, Kenneth Iwamasa s’est tourné vers la famille de la victime pour exprimer ses regrets, affirmant qu’il emporterait la culpabilité de ses actes illégaux jusqu’à sa tombe. Ses avocats ont tenté de plaider la soumission psychologique, affirmant que l’assistant vénérait son employeur et se trouvait dans une position de vulnérabilité telle qu’il lui était impossible de dire « non » aux exigences de la star. Un argument qui n’a pas suffi à fléchir la juge, cette dernière ayant insisté sur le caractère particulièrement téméraire et irresponsable de son comportement sur une longue période.
Cette condamnation clôt le volet judiciaire d’un vaste réseau de profiteurs de l’ombre que les autorités américaines ont démantelé un à un. Au total, cinq personnes ont été condamnées dans cette affaire. Parmi elles, Jasveen Sangha, surnommée la « Reine de la kétamine » de Los Angeles, une trafiquante de premier plan qui a écopé d’une peine de 15 ans de prison pour avoir fourni les flacons mortels. Deux médecins, les docteurs Salvador Plasencia et Mark Chavez, ont également été lourdement sanctionnés pour avoir exploité la détresse financière et psychologique de la star, achetant des flacons de kétamine pour seulement 12 dollars afin de les revendre à l’acteur pour des sommes astronomiques atteignant 2 000 dollars l’unité.
Au-delà de la tragédie humaine et de la perte d’un immense talent de la télévision, cette affaire jette une lumière crue sur les dérives du système de santé et la vulnérabilité des célébrités face à des entourages toxiques. Les procureurs espèrent que ce verdict historique servira d’avertissement sévère à tous ceux qui, profitant de leur position de confiance auprès de personnes fortunées ou dépendantes, choisissent de violer la loi pour de l’argent ou du pouvoir. Pour les millions de fans à travers le monde, le souvenir de Matthew Perry reste celui d’un homme qui a passé sa vie à essayer de faire rire le public tout en menant, dans l’ombre, un combat inégal contre ses propres démons, trahi à la fin par ceux qu’il considérait comme ses plus proches alliés.