
Florent Pagny va-t-il devoir rendre des comptes ? Son installation en Patagonie ne plaît pas à tout le monde, notamment aux Mapuches, une communauté amérindienne qui vit depuis des temps immémoriaux sur ces terres du sud, entre le Chili et l’Argentine.
C’est ce qu’a révélé l’écrivaine et militante mapuche Moira Millan sur France Inter, pointant du doigt l’installation du chanteur sur des anciennes terres sacrées, il y a une trentaine d’années. « Là où Florent Pagny s’est installé, c’était un lieu sacré de cérémonie, a-t-elle expliqué dans l’émission La Tête au carré. On n’y avait jamais rien bâti parce que là, il y a des forces spirituelles qui protègent l’eau et le système de l’eau. Lui, il a juste vu un très bel endroit et il a décidé de construire une maison. »
C’est à la fin des années 1990 que Florent Pagny avait fait bâtir un ranch dans cette région que lui avait fait découvrir sa femme, Azucena, peintre et ancienne mannequin argentine. D’après son biographe Éric Péron, auteur de Florent Pagny, la liberté de chanter (éditions City, 2022), il fait partie des premiers Occidentaux à investir dans cette région sauvage très peu peuplée, en achetant 4 000 hectares au bord du lac Cholila.

Il y vient dès qu’il peut, s’isoler du monde, y voir grandir ses enfants et élever du bétail avec l’aide des péones (paysans agricoles locaux), loin du tumulte du showbiz. « J’adore me retrouver dans ce contexte nature, c’est un autre trip, forcément, confie-t-il ainsi à son ami Nikos Aliagas. D’un seul coup, ta vie a un autre sens. Rouler trois heures sur une route et ne pas croiser une voiture, j’ai jamais vu ça. »
Un « territoire pour les vachers » devenu « lieu pour les élites »
Le chanteur va vite faire des émules. Des milliardaires, tels Ted Tuner et George Soros, vont investir sur ces terres de l’hémisphère sud. La société Benetton va même acquérir 900 000 hectares, devenant le plus gros producteur de laine de la région. Des nouveaux propriétaires qui entrent régulièrement en conflit avec les Mapuches, lesquels ne peuvent plus avoir accès à certains lacs ou des sentiers de montagne, désormais fermés par les barbelés.