Invitée sur les ondes de France Inter, l’écrivaine Moira Millán s’est longuement confiée sur l’installation de Florent Pagny en Patagonie.

Pour beaucoup, la Patagonie évoque un territoire presque hors du temps, où les immensités sauvages remplacent le tumulte des grandes villes. C’est justement dans ce décor spectaculaire que Florent Pagny a choisi de poser ses valises il y a plusieurs années.
Aux côtés de son épouse Azucena, le chanteur y mène une existence discrète, loin de l’effervescence médiatique qui a longtemps accompagné sa carrière. Un équilibre qu’il semble avoir trouvé au bout du monde et dont il parle souvent avec attachement.
Pourtant, derrière cette parenthèse paisible, quelques voix racontent une autre facette de son installation. C’est notamment le cas de Moira Millán, écrivaine et weychafe mapuche, que l’on peut traduire par “gardienne des peuples et de la terre”.
Florent Pagny au cœur d’une polémique en Patagonie
Récemment invitée sur les ondes de France Inter, cette dernière a évoqué des tensions entre certaines communautés locales et plusieurs propriétaires installés sur ces terres.
“Là où Florent Pagny s’est installé, c’était un lieu sacré de cérémonie, on n’y avait jamais rien bâti parce que là, il y a des forces spirituelles qui protègent l’eau et le système de l’eau. Lui, il a juste vu un très bel endroit et il a décidé de construire une maison“, a-t-elle révélé. “Pendant très longtemps, les communautés Mapuches ont demandé à pouvoir accéder à cet endroit pour faire leurs cérémonies et ça ne leur avait pas été accordé.”
Selon Moira Millán, cette situation aurait alimenté un climat “de tensions“. “Mais il y a peu, il semblerait que les Mapuches aient pu davantage dialoguer avec lui“, a-t-elle assuré avant de soulever la question des dynamiques de pouvoir qui marquent encore certains territoires.
“Quand je suis venue en France, l’image qu’ils m’ont renvoyée de lui, c’était l’image de quelqu’un de progressiste qui avait de bonnes idées“, a-t-elle assuré.
Et de poursuivre : “Il y a quelque chose qui est lié avec une idée colonialiste et suprémaciste qui habite encore les Occidentaux. Ils arrivent dans ces territoires lointains avec une certaine arrogance et au lieu d’essayer, quand ils y arrivent, d’apprendre sur les cultures qui viennent de là, ils nient ces cultures originaires, ils nient ces peuples et ils essayent de les remplacer par la culture qu’ils apportent“.
Si Moira Millán salue l’intérêt de certains Français pour les enjeux liés à l’histoire coloniale, elle juge que tous ne se montrent pas aussi réceptifs à ces problématiques.