Le pétrodollar est MORT, la guerre avec l’Iran enterre l’empire US, Trump dans le DÉNI
Dans le paysage économique actuel, où les certitudes semblent s’effriter de jour en jour, une voix se détache pour briser le vernis du discours dominant : celle du professeur d’économie Richard Wolff. Invité de l’émission animée par Danny Haiphong, Wolff propose une analyse sans concession d’une situation qu’il qualifie de charnière pour l’ordre mondial. Loin des indicateurs de façade, c’est la réalité structurelle de l’économie américaine qui est passée au scanner, révélant les failles d’un empire en pleine mutation, pris au piège de ses propres ambitions hégémoniques et de son déclin industriel.

La première erreur, selon l’économiste, est de se focaliser exclusivement sur des indicateurs à court terme, comme le taux de chômage ou la température économique immédiate, au détriment d’une vision globale. C’est l’analogie du patient à qui l’on prend simplement la température alors qu’il nécessite un examen complet. Pour Wolff, la santé d’une économie se mesure à l’aune de l’investissement productif, de la répartition des revenus et de la richesse, ainsi que de la balance commerciale. Sur ces terrains, le constat est sans appel : les États-Unis traversent la période la plus inégalitaire de leur histoire moderne.
Les chiffres sont éloquents. Alors que les 10 % les plus riches détiennent désormais près de 87 % des richesses, notamment sous forme d’actions et de fonds d’investissement, le reste de la population se partage des miettes. Cette disparité n’est pas sans rappeler les strates sociales de l’Égypte ancienne, un contraste saisissant avec l’idée d’une économie capitaliste compétitive et dynamique. Les paysages américains, parsemés de centres commerciaux déserts et de vitrines abandonnées, ne sont pas de simples anomalies passagères ; ils sont le miroir d’une détresse économique profonde et structurelle.

Au cœur de cette instabilité se trouve le système du pétrodollar, ce privilège exorbitant accordé aux États-Unis dans les années 70. En imposant le dollar comme monnaie unique pour les transactions pétrolières mondiales, Washington a créé une demande artificielle pour sa monnaie, permettant au gouvernement américain de financer ses déficits colossaux par l’emprunt auprès des pays producteurs, et même de ses concurrents, comme la Chine. Mais ce système, qui a longtemps protégé l’empire, se retourne aujourd’hui contre lui. La volonté d’autres puissances de commercer dans leurs propres devises, associée aux tensions géopolitiques majeures comme le conflit avec l’Iran, fragilise les fondations mêmes de cette domination financière.
Le cas de l’Iran est, à ce titre, emblématique. La menace de fermeture du détroit d’Ormuz n’est pas qu’un coup de bluff ; elle révèle l’impuissance de la “police du monde” à contrôler tous les points de passage stratégiques du globe. Les États-Unis, en cherchant à maintenir une domination totale sur les voies maritimes, se sont lancés dans une quête impossible. Richard Wolff souligne l’ironie cinglante de la situation : pendant que les États-Unis s’épuisent dans des interventions militaires, la Chine, elle, concentre ses efforts sur le développement technologique, les infrastructures et l’éducation.
L’avance technologique, autrefois le joyau de la couronne américaine, est également contestée. Le retard pris dans des secteurs clés, comme la robotique de pointe, illustre ce basculement. Tandis que des innovations majeures émergent de l’Est, le modèle économique occidental, dominé par une finance déconnectée de la production réelle, montre ses limites. L’argent public, injecté dans l’économie pour soutenir la bourse, ne sert plus à produire des biens, mais à gonfler la valeur d’actifs financiers, créant une inflation spéculative qui ne profite qu’à une minorité.
L’économiste met également en lumière le désespoir latent d’une classe ouvrière qui, au-delà des discours politiques, perçoit clairement le déclin. Les promesses de “Grandeur” de Donald Trump, tout comme les politiques des administrations précédentes, apparaissent comme une forme de théâtre destinée à apaiser une base électorale déçue, sans jamais s’attaquer aux racines du mal. Le sentiment d’être abandonné, de ne plus trouver de travail stable, et de voir son niveau de vie stagner, est devenu la norme pour une large partie des Américains.
Le professeur Wolff conclut sur une note d’avertissement sévère. Chaque empire, dans l’histoire, a connu sa phase de déclin. La période actuelle n’est pas seulement celle d’une crise économique cyclique — ces crises survenant en moyenne tous les 4 à 7 ans — mais celle d’une bascule historique. Les signes d’incompétence monumentale au sommet de l’État américain, illustrés par des déclarations diplomatiques déconnectées de la réalité historique, renforcent le sentiment d’un pays qui perd pied.
Le monde ne regarde plus les États-Unis comme le moteur de la croissance, mais comme un géant incapable d’assurer la stabilité qu’il promettait. Le basculement vers un monde multipolaire, avec la montée en puissance de l’alliance des BRICS et le rôle central de la Chine, est désormais une réalité incontournable. Pour l’empire américain, le défi n’est plus seulement de maintenir sa puissance militaire ou financière, mais de reconnaître une mutation profonde à laquelle il semble mal préparé. Le crépuscule du pétrodollar n’est que la partie visible d’un iceberg bien plus imposant : la fin d’une ère et la naissance, dans la douleur, d’un ordre nouveau. Face à ces réalités, le déni ne fera qu’aggraver les conséquences pour ceux qui vivent au cœur de cet empire, confrontés à la nécessité urgente de repenser leur modèle économique et social avant qu’il ne soit trop tard.
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