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Éric Zemmour : « Nous vivons les débuts de la guérilla en France »

Éric Zemmour : « Nous vivons les débuts de la guérilla en France »

La France est-elle devenue le théâtre d’une guérilla urbaine larvée, où la violence n’est plus un simple fait divers mais une affirmation de conquête ? Invité au micro de Sud Radio ce matin, Éric Zemmour a livré un constat glaçant sur l’état de notre nation. À l’occasion de la réédition augmentée de son ouvrage phare, Le Suicide français, le président de Reconquête n’a pas mâché ses mots, décrivant un pays en proie à une déstabilisation profonde, où l’autorité de l’État semble s’effriter face à des déferlements réguliers de violence.

Eric Zemmour on Sud Radio: We are witnessing the beginnings of the  guerrilla war! - YouTube

Pour Éric Zemmour, les incidents survenus en marge des récents matchs de football ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Loin d’y voir des débordements de hooliganisme classiques, il analyse ces événements comme le symptôme d’une jeunesse issue de l’immigration, en rupture avec les valeurs de la République, qui utilise la rue pour marquer son territoire. « Il faut arrêter les circonvolutions. C’est une jeunesse venue des banlieues qui déferle pour prendre possession de la ville, piller et conquérir symboliquement l’espace », a-t-il affirmé. Selon lui, cette violence n’est jamais gratuite ; elle est une démonstration de force, un signe avant-coureur d’une fragmentation de notre société que les autorités, par leur inaction, laisseraient perdurer.

Critiquant sévèrement la gestion du ministère de l’Intérieur, Zemmour dénonce ce qu’il appelle le « maintien de la horde » plutôt que le maintien de l’ordre. Il souligne la récurrence de ces épisodes, de la fête de la musique aux soirées de la Saint-Sylvestre, où chaque grand événement devient le prétexte à des violences systématiques. Cette analyse se prolonge sur le terrain des plages ou des espaces publics, où, selon lui, les appels à la haine contre la France deviennent de plus en plus audibles, témoignant d’une volonté de substitution culturelle et juridique.

Eric Zemmour : le doigt du déshonneur ? | franceinfo

Au cœur de son argumentation réside la question de l’islam et de la charia. Éric Zemmour récuse le distinguo entre « islam » et « islamisme », qu’il juge artificiel et historiquement infondé. Pour lui, l’islam repose sur un texte juridique, la charia, qui impose des règles strictes en totale contradiction avec l’esprit de liberté et d’individu façonné par notre héritage chrétien. Il appelle ainsi les musulmans de France à se détacher de ces carcans pour s’intégrer pleinement, tout en affirmant que la jeunesse arabo-musulmane actuelle semble, au contraire, vouloir imposer ces règles de vie à l’ensemble de la nation.

Face à ce constat, Zemmour rejette catégoriquement le fatalisme. Si, il y a douze ans, le combat consistait à briser le déni, il s’agit aujourd’hui de combattre l’idée que « tout est foutu ». Son programme pour 2027 est clair et ambitieux. Il préconise un choc d’autorité immédiat : rétablissement des peines planchers, construction massive de prisons, mais surtout, des mesures de rupture. Il propose l’expulsion systématique des délinquants, la suppression des allocations sociales pour leurs familles et, plus largement, la mise en œuvre d’une politique de « remigration ». Pour lui, la déchéance de nationalité doit être étendue afin de permettre le renvoi vers leurs pays d’origine de ceux qui s’attaquent violemment à la France.

Interrogé sur les autres candidats de la droite, et particulièrement sur le Rassemblement National, Éric Zemmour se montre acerbe. Il conteste leur positionnement, qu’il qualifie de « socialiste » et « étatiste », et leur reproche une tiédeur sur des sujets cruciaux comme la remigration. Il rappelle que si Marine Le Pen a pu qualifier ses idées d’incompatibles avec la République, lui-même estime avoir servi de « laboratoire idéologique » à toute la droite. Il invite les électeurs à bien regarder au-delà des étiquettes et à juger les caractères, les actes passés et, surtout, la cohérence des discours. Pour Zemmour, la bataille des idées est d’ores et déjà gagnée, et il est convaincu que le succès électoral suivra, car, selon sa formule inspirée d’Auguste Comte, « il faut savoir pour prévoir afin de pouvoir ».

Au sujet de l’équipe de France de football, Éric Zemmour exprime une gêne complexe. S’il soutient les joueurs et reconnaît leur talent exceptionnel, il déplore que l’image renvoyée par cette équipe ne représente plus, selon lui, la France dans sa globalité. « Il y a une gêne quand on voit cette équipe parce qu’on sait qu’elle ne représente pas exactement toute la population française », confie-t-il, faisant écho aux critiques qui se multiplient, parfois jusque dans la presse étrangère. Il critique également l’implication politique de figures comme Kylian Mbappé, estimant que ces derniers ne devraient pas utiliser leur notoriété pour peser dans les débats nationaux, un manque de décence selon lui.

Enfin, en évoquant la disparition d’André Santini, maire emblématique d’Issy-les-Moulineaux, Éric Zemmour a tenu à saluer une figure de la politique d’autrefois, capable de transformer sa ville en un havre de sécurité et de dynamisme économique. Ce portrait en creux souligne, pour lui, le contraste avec la situation actuelle des communes françaises.

Le message d’Éric Zemmour est sans équivoque : la France est à un tournant historique. Entre le déni de ses élites et la montée d’une violence qu’il juge existentielle, le pays doit choisir son destin. La réédition augmentée du Suicide français n’est pas seulement un rappel des erreurs passées, c’est une mise en garde pressante contre les périls à venir. Dans un paysage politique incertain, marqué par des scrutins à venir, Zemmour se positionne non pas comme un simple candidat, mais comme le porteur d’une vision radicale, visant à restaurer la souveraineté, la sécurité et l’identité d’une nation qu’il estime menacée de disparition. Pour ses partisans, c’est une voix de vérité ; pour ses détracteurs, une provocation. Quoi qu’il en soit, le constat est posé, et le débat, plus que jamais, reste ouvert.