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Sophia Chikirou : la facture à 67 146 euros qui lui vaut un procès pour escroquerie

Sophia Chikirou : la facture à 67 146 euros qui lui vaut un procès pour escroquerie

Jugée pour vol, la députée LFI, Sophia Chikirou, se présente en victime et  tacle Gérard Miller, « cet escroc »

À 47 ans, Sophia Chikirou se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire vieille de huit ans. Une facture impayée de plus de 67 000 euros refait surface.

Ce 3 juin 2026, Sophia Chikirou fête ses 47 ans. Mais la députée de Paris traverse aussi une période délicate.

Huit ans après les faits, son nom se retrouve au centre d’un procès pour tentative d’escroquerie et vol, autour d’une facture de 67 146 euros adressée à Le Média, la webtélé qu’elle avait contribué à lancer.

Une affaire complexe au premier regard, mais qui raconte surtout une rupture explosive, des tensions financières et une bataille qui n’a jamais vraiment cessé.

Une facture à 67 146 euros au cœur du dossier

Retour à l’été 2018. À l’époque, Sophia Chikirou n’est pas encore députée. Conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle de 2017, elle participe aussi au lancement de Le Média, une chaîne en ligne présentée comme « humaniste, progressiste, écologique et féministe ».

Mais très vite, le projet traverse une zone de turbulences. Les désaccords internes se multiplient. La ligne éditoriale fait débat. Les finances inquiètent. Et Sophia Chikirou finit par quitter la structure dans un climat tendu.

C’est à ce moment-là qu’apparaît la fameuse facture de 67 146,46 euros. Celle-ci correspond à des prestations de communication réalisées par sa société Mediascop pour accompagner le lancement du média. Selon Sophia Chikirou, cet argent lui est simplement dû. Elle assure même avoir proposé un paiement échelonné, consciente des difficultés financières de la structure.

Mais la situation dégénère. La relation avec certains responsables du Média devient électrique, notamment avec Gérard Miller. À l’audience, elle décrit une dispute extrêmement tendue et affirme avoir vécu son éviction comme un choc. « Je l’insulte, je le traite d’escroc. C’est extrêmement violent de recevoir ça par SMS », raconte-t-elle devant le tribunal.

Pourquoi parle-t-on d’une « tentative d’escroquerie » ?

Le mot peut impressionner. Pourtant, derrière le vocabulaire judiciaire, les faits reprochés restent assez simples à comprendre.

Selon l’accusation, Sophia Chikirou aurait tenté, à la fin juillet 2018, d’obtenir un virement bancaire vers Mediascop alors qu’elle n’aurait plus été légalement habilitée à agir au nom du Média. Elle se serait rendue à la banque pour tenter de débloquer la somme, malgré sa révocation supposée de la présidence.

La députée conteste totalement cette version. Elle affirme qu’au moment des faits, elle était encore en fonction. Selon sa défense, la transition avec sa remplaçante n’était prévue qu’à la fin de l’été. Elle soutient également qu’elle se trouvait à la banque pour préparer un dossier contre ses opposants internes, et non pour contourner les règles.

Autre point sensible : deux chèques retrouvés au centre du dossier. Les enquêteurs soupçonnent Sophia Chikirou de les avoir récupérés dans les locaux du Média afin d’obtenir son paiement. Elle assure, au contraire, qu’ils avaient été remplis devant témoins et qu’elle ne cherchait qu’à récupérer ce qui lui appartenait.

Dans les faits, l’argent n’a jamais été versé et les chèques n’ont jamais été encaissés. Il n’y a donc eu aucune perte financière pour Le Média. C’est précisément ce qui rend ce dossier particulier : on parle d’une tentative, et non d’une escroquerie aboutie.

Le parquet a pourtant requis 50 000 euros d’amende, dont une large partie avec sursis. Pas de demande d’inéligibilité, toutefois. La décision doit être rendue le 8 juin 2026.

Une affaire judiciaire qui s’ajoute à une autre tempête

Comme souvent avec Sophia Chikirou, difficile d’évoquer un dossier sans parler d’un autre. Car depuis 2024, la députée est également mise en examen dans une affaire distincte : celle des comptes de campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017.

Là encore, sa société Mediascop se retrouve au centre des interrogations. La justice soupçonne des prestations potentiellement surfacturées pendant la campagne présidentielle. Sophia Chikirou est mise en examen notamment pour escroquerie aggravée et abus de biens sociaux.

Elle conteste fermement les accusations depuis le début. Son entourage parle d’un « acharnement judiciaire » et dénonce des fuites répétées dans la presse. « Il n’y a pas d’enrichissement personnel », répétait-elle déjà au début de l’enquête.

Ces deux affaires sont pourtant bien distinctes. D’un côté, un conflit financier autour du Média et d’une facture contestée. De l’autre, une enquête beaucoup plus vaste sur le financement d’une campagne présidentielle.

En attendant les décisions judiciaires, Sophia Chikirou continue de défendre sa version. À la sortie du tribunal en mai dernier, elle affichait même un large sourire devant les caméras. Une façon, sans doute, de montrer qu’elle n’a pas l’intention de se laisser définir par ces procédures.